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"Le oui, mais" des pilotes d’Air France à l'envol de Transavia

Photo de Fabrice Gliszczynski

Fabrice Gliszczynski

Publié le 10 janvier 2014 à 17:09 - Mis à jour le 10 janvier 2014 à 20:07

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Pour débloquer les négociations entre direction et le SNPL et permettre à Transavia de croître, un accord temporaire est en passe d’être trouvé pour permettre à la filiale low-cost de lancer une dizaine de nouvelles lignes comme prévu en 2014. Ceci grâce à l’ajout dans sa flotte d’Airbus A320 loués à Air France avec des pilotes d'Air France aux conditions de travail et de rémunération de Transavia.

Chez Transavia, on respire. Chez Air France, aussi. A moins de trois mois du début de la saison d'été qui commence fin mars, Transavia, la filiale à bas coûts d'Air France va enfin pouvoir commercialiser son ambitieux programme estival, lequel doit passer par la mise en service de cinq nouveaux avions cette année pour faire passer la flotte de Transavia de 11 à 16 avions.

Des A320 aux côtés des B737

Selon des sources concordantes, un accord d'une durée d'un an entre la direction d'Air France et le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) d'Air France est en bonne voie pour permettre à Transavia de se développer comme prévu en 2014, en ajoutant dans sa flotte deux à six Airbus A320 loués à Air France avec des pilotes d'Air France aux conditions de travail et de rémunération de Transavia. Ceci, alors que les hôtesses et stewards seront du personnel Transavia et que l'assistance en escale continuera à être sous-traitée à Orly Sud. Pour rappel, la flotte de Transavia n'est composée que de Boeing 737-800.

"Le conseil du SNPL d'Air France a mandaté son bureau pour négocier un accord de wet-lease (location d'avion avec équipage, ndlr) à durée déterminée aux conditions de travail et de rémunération de Transavia, de manière à élaborer avec la direction les détails d'une riposte plus large et plus globale", confirme à La Tribune le syndicat, majoritaire au sein des pilotes d'Air France avec 71% des voix.

Une dizaine de nouvelles lignes

La signature d'un accord sur l'année 2014 se profile donc. "Il s'agit d'un compromis pour débloquer une discussion qui s'enlisait et commençait à devenir critique au regard du paquet de nouvelles lignes envisagée par Transavia cet été", décrypte un proche du dossier. Selon nos informations Transavia prévoit d'ouvrir au départ d'Orly Malaga, Prague, Rome, Budapest, Tel Aviv, Istanbul, Barcelone, Pise, et Casablanca. Des destinations pour la plupart desservies par Air France au départ de Roissy. La desserte d'Alger était initialement prévue mais l'Algérie n'a pas accordé les droits de trafic.

Un plafond à 14 appareils

Estimant que la stratégie de la direction sur le réseau point-à-point court et moyen-courrier d'Air France "manquait de clarté", le SNPL refusait (et refuse toujours car les critiques ne se sont pas dissipées) de revoir l'accord signé avec la direction lors de la création de la compagnie en 2007. Ce dernier limite le périmètre de la filiale à bas coûts à 14 appareils. Pour aller au-delà comme le souhaite Air France, dont la stratégie est de réduire la voilure sur les liaisons intérieures d'Air France à Orly pour développer Transavia vers des destinations européennes, la compagnie à bas coûts est contrainte, selon cet accord, de louer à Air France des avions en wet-lease. Un système qui lui impose d'exploiter ces appareils aux coûts d'Air France, beaucoup plus élevés. Air France a évité ce scénario puisque les pilotes sont prêts à aller travailler chez Transavia aux conditions de la low-cost.

"En acceptant les conditions de Transavia, le SNPL a fait une avancée", explique un observateur. En effet, il permet à Air France de faire monter en puissance Transavia en 2014 conformément à ses projets sans augmenter les coûts par rapport à une croissance en moyens propres. "D'un autre côté, les pilotes d'Air France veulent y voir plus clair avant d'accepter de perdre leur contrat de travail"

Hausse de trafic de 38,7% en 2012

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En effet, le SNPL demande la création d'un groupe de travail paritaire avec la direction pour définir un autre projet sur le court et le moyen-courrier. Face à l'évolution des low-cost vers des modèles "value cost" comme Easyjet, ou Vueling, Germanwings (voire Ryanair demain) qui leur permet de chasser la clientèle affaires sur les terres des compagnies traditionnelles, le modèle Transavia, conçu initialement sur un modèle mi-charter mi-low-cost, ne leur convient pas. Les pilotes veulent plus de précisions sur ce que doit être la commercialisation de cette compagnie, sur les moyens d'attirer les hommes d'affaires, ou encore surla politique de marques au sein du groupe Air France (qui compte aussi Hop). Interrogé par les Echos en fin d'année, le PDG d'Air France Frédéric Gagey avait déclaré que Transavia n'allait pas changer de marque. il avait précisé que les vols de Transavia seraient affichés sur les écrans des GDS (Global Distribution System) utilisés par les agents de voyages et que les membres du programme de fidélisation Flying Blue pourraient utliliser leurs miles sur Transavia.

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En 2013, Transavia a transporté 2,7 millions de passagers, en hausse de 38,7% pour un coefficient d'occupation (sur les vols réguliers) de 85,5%, en augmentation de 2,7 points.

Fabrice Gliszczynski

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