Alstom: chronologie du marché conclu entre Bouygues et l'État

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Le feuilleton Alstom, dont le dénouement est imminent, tient en haleine les milieux industriels et politiques et les marchés financiers depuis fin avril, mais avait en fait débuté à l'hiver. En voici les principales étapes:
À Paris, des réflexions tous azimuts sur l'avenir d'Alstom sont en cours. Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a initié une "revue de réflexion des orientations stratégiques" sur le groupe, comme il l'expliquera plus tard, et s'est fait remettre mi-février un rapport du cabinet de conseil Roland Berger.
Le patron de Siemens Joe Kaeser rencontre celui d'Alstom Patrick Kron, des discussions sont engagées également entre Alstom et General Electric.
L'agence de presse Bloomberg affirme que le conglomérat américain General Electric est en discussions avancées pour racheter Alstom pour "plus de 13 milliards de dollars". Alstom déclare "ne pas avoir été informé" d'une offre d'achat.
Le ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg, annonce que le gouvernement "travaille à d'autres solutions" pour Alstom, et affiche sa "vigilance patriotique". Le cours de Bourse d'Alstom est suspendu à la demande de l'Autorité des marchés financiers.
Des informations de presse font état d'une offre concurrente de Siemens. Une rencontre entre le Premier ministre Manuel Valls, Arnaud Montebourg et le patron de GE Jeffrey Immelt prévue le 27 avril est annulée.
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François Hollande affirme que "l'État a forcément son mot à dire". Son choix ne dépendra que qu'un "seul critère": l'emploi.
Le gouvernement allemand déclare voir dans une fusion entre Siemens et Alstom une "grande chance".
Siemens confirme le dépôt d'une offre sur Alstom à condition d'accéder aux comptes de l'entreprise, et se laisse un délai de quatre semaines. Le conseil d'administration d'Alstom se prononce pour l'offre de General Electric, sans fermer la porte à d'autres offres non sollicitées.
Il lui propose de l'améliorer en cédant ses activités transports au groupe français.
Le week-end précédent, Patrick Kron avait répondu au groupe dans une lettre aux accents "revêches", selon la presse allemande.
Dans une interview à Paris Match, la ministre de l'Écologie et l'Énergie Ségolène Royal estime que l'offre de GE est "le meilleur projet industriel".
Le gouvernement étend avec le "décret Alstom" un mécanisme datant de 2005 permettant de protéger les entreprises stratégiques d'appétits étrangers, en soumettant à autorisation préalable du ministre de l'Économie les investissements dans certains secteurs.
Siemens dévoile avoir invité Mitsubishi Heavy Industries (MHI) à faire une offre avec lui sur Alstom.
MHI propose de former plusieurs coentreprises pour les branches de turbines à vapeur, réseaux électriques et turbines hydrauliques, dans lesquelles Alstom resterait majoritaire. Le tandem prend des engagements sur l'emploi, comme GE.
Manuel Valls déclare que le gouvernement "n'a aucune préférence". Mitsubishi réclame une entrée de l'État au capital d'Alstom au moins à hauteur des 10% qu'il est lui-même prêt à racheter.
La valorisation est inchangée mais Alstom conserverait des parts dans certaines activités, et reprendrait l'activité de signalisation de GE. L'État français aurait un droit de veto dans une coentreprise 50-50 de turbines à vapeur.
La nouvelle mouture valorise le pôle énergie à 14,6 milliards d'euros, selon eux. Les patrons de GE, Siemens et MHI sont reçus à l'Elysée.
Dans la foulée, Arnaud Monteboug annonce que l'État prend position pour l'offre de General Electric sous certaines conditions, et qu'il entrera au capital d'Alstom à hauteur de 20% afin que l'État puisse exercer "sa vigilance patriotique".
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En revanche, sa validité reste suspendue aux négociations entre l'État et Bouygues.
Une entrée qui se fera dès que l'alliance avec General Electric sera finalisée. La France se donne du temps pour acheter au meilleur prix les 20% de capital qu'elle convoite.
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