Au quatrième jour d'une grève très dure des pilotes d'Air France, la tension monte encore d'un cran entre la direction et les syndicats. Alors que le préavis de grève déposé fin août court jusqu'au 22 septembre, le SNPL, majoritaire, a, selon des sources syndicales, déposé mardi soir un deuxième préavis de grève pour les 23, 24, 25 et 26 septembre. Respectant les 5 jours légaux avant sa mise en oeuvre, il anticipe le résultat du référendum des membres du syndicat sur la poursuite du mouvement, prévu ce samedi.
Avec ce nouveau préavis, le SNPL met donc la pression sur les négociations en cours avec la direction. Celles-ci sont dans l'impasse. Alexandre de Juniac et Frédéric Gagey, les PDG d'Air France-KLM et d'Air France, ont beau faire des propositions aux pilotes, rien n'y fait.
Plus tôt dans la journée, avec Frédéric Gagey, il avait envoyé un courrier électronique à tous les pilotes, leur proposant "de conclure un accord de périmètre indiquant précisément le partage d'activité entre Transavia France, Transavia Pays-Bas et Transavia Europe". Dans cette lettre dévoilée par l'AFP, la direction propose la signature "immédiatement" d'un accord "intérimaire qui s'appliquerait pendant le temps nécessaire à la négociation", précisant que "Transavia Europe ne desservira pas les aéroports identifiés comme pouvant porter le développement de Transavia France (Orly, Lyon, Nantes et Toulouse)".
Les dirigeants ont ajouté qu'il conviendra de définir les règles de périmètre de Transavia France "en cohérence avec le réseau d'Air France, l'objectif étant de s'assurer que les parts de marché soient bien prises sur les autres low cost. Cette proposition vise à rassurer les pilotes qui voient dans le projet de création de Transavia Europe, "un outil de délocalisation".
Rien n'y fait. Le SNPL reste inflexible.
Sur le sujet de Transavia France, le SNPL mais aussi le Spaf (deuxième syndicat de pilotes) et Alter (non représentatif) demandent la création d'un groupe de pilotes unique pour les avions de plus de 100/110 sièges (sous statut Air France), capables de passer facilement d'une compagnie à l'autre.
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La direction a déjà rejeté ce schéma. Pour ne pas importer les coûts des pilotes d'Air France chez Transavia, elle veut que les pilotes d'Air France qui iront travailler au sein de la filiale low-cost le soient aux conditions de travail et de rémunération de cette dernière.
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Réagissant aux propos de Manuel Valls lui demandant d'arrêter la grève, le SNPL a sollicité par courrier une entrevue avec le premier ministre et le nouveau ministre des transports Alain Vidalies "pour leur expliquer notre position". Bien discret jusqu'ici alors que l'Etat est le premier actionnaire d'Air France-KLM avec 15,7% du capital, le gouvernement soutient la direction. Comme cela a été fait dans le passé, un médiateur pourrait être nommé.
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