L'accident de l'Airbus d'AirAsia sans doute causé par le givre

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(Crédits : DARREN WHITESIDE)
L'avion perdu le 28 décembre avait rencontré des conditions climatiques très difficiles, avec des températures particulièrement basses

La météo a été le "facteur déclenchant" de la chute en Indonésie de l'avion d'AirAsia dont les moteurs ont peut-être été endommagés par du givre, a indiqué l'Agence météorologique nationale, alors que quatre nouveaux corps ont été repêchés dimanche en dépit de hautes vagues.

Les importantes recherches entreprises pour repêcher des corps et retrouver l'épave de l'Airbus A320-200 qui s'est abîmé en mer de Java le 28 décembre, avec 162 personnes à bord, sont entrées dans leur deuxième semaine et étaient à nouveau perturbées par des conditions météorologiques difficiles.

Des températures de -80 à -85 degrés

Des équipes de recherches parmi lesquelles deux enquêteurs français utilisant des hydrophones en vue de localiser les balises acoustiques des deux enregistreurs de vol s'efforcent de retrouver les boîtes noires, cruciales pour déterminer les causes de l'accident de l'avion qui s'est trouvé face à des nuages très menaçants peu après son décollage de la ville indonésienne de Surabaya pour Singapour.

"Sur la base des données disponibles sur la localisation du dernier contact avec l'avion, la météo a été le facteur déclenchant de l'accident", a indiqué l'Agence météorologique indonésienne dans un rapport sur son site, se basant sur des images satellites infra-rouges montrant des nuages où la température atteignait alors de -80 à -85 degrés.

Le givre endommage les moteurs

"Le phénomène météo le plus probable était du "givrage" qui peut endommager les moteurs en raison d'un processus de refroidissement. Il s'agit simplement d'une des éventualités, basée sur l'analyse des données météorologiques existantes", souligne le rapport.

Il n'a pas été mentionné pourquoi d'autres avions empruntant des couloirs de vol similaires n'étaient pas affectés par la météo, tandis que des experts estiment que les informations sont insuffisantes pour le moment pour expliquer la catastrophe.

L'armée de l'air reste prudente

"Ce n'est pas pertinent d'avancer une hypothèse sur la cause de l'accident alors que nous n'avons pas encore retrouvé les boîtes noires", à déclaré à l'AFP Chappy Hakim, ancien commandant de l'armée de l'air.

Le pilote de l'avion d'AirAsia avait demandé à prendre de l'altitude pour éviter des nuages très menaçants, mais n'avait pas reçu le feu vert immédiat du contrôle aérien en raison d'un trafic trop important dans ce couloir aérien très fréquenté. L'avion avait disparu des écrans radars peu après.

 Visibilité nulle

Cinq grandes parties de l'appareil ont été retrouvées au large de l'île de Bornéo, mais des conditions météo très difficiles au cours de la semaine écoulée ont freiné les recherches auxquelles participent également les Etats-Unis et la Russie.

Au cours d'un moment de répit dans un ciel très chargé dimanche, des plongeurs sont descendus dans la matinée au fond de la mer, à une trentaine de mètres, où se trouve la plus grande partie de l'épave, et ils ont repêché de nouveaux corps, portant à 34 le nombre de cadavres retrouvés jusqu'ici.

Les plongeurs ont "réussi à aller au fond mais la visibilité (...) est nulle, il faisait noir et le fond était boueux, avec des courants de trois à cinq noeuds", a déclaré le directeur de l'Agence indonésienne de recherches et de secours, Bambang Soelistyo, ajoutant que de fortes pluies et de hautes vagues continuaient de freiner les opérations.

"Pour cette raison, les opérations de plongée doivent être temporairement suspendues. Nous allons essayer de déployer un ROV (véhicule sous-marine téléguidé)", a-t-il dit.

Les recherches étendues à l'Est

Les recherches, concentrées sur une zone de la mer au sud-ouest de la ville de Pangkalan Bun, ont été étendues vers l'est car des parties de l'avion pourraient avoir été emportées par des courants, a observé M. Soelistyo.

La priorité des équipes en mer est de retrouver les corps des voyageurs à bord de l'avion, où se trouvaient 155 Indonésiens, le copilote français Rémi Plesel, un Britannique, trois Sud-Coréens, un Singapourien et un Malaisien.

Par ailleurs, les autorités indonésiennes vont enquêter sur des "infractions" commises par la compagnie AirAsia qu'elles soupçonnent d'avoir fait emprunter sans autorisation un couloir aérien à l'avion. Mais les autorités de l'aviation civile de Singapour ont indiqué qu'AirAsia Indonesia avait reçu la permission d'effectuer le vol. Une autorisation des deux côtés est nécessaire.

Des familles de victimes se préparaient à de nouvelles inhumations à Surabaya, où un centre de crise a été mis en place pour procéder à l'identification des corps.

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a écrit le 05/01/2015 à 11:35 :
Serait-il possible qu'un prochain accident (le plus tard possible ....) fasse l'objet d'une retenue de la part des journalistes en précisant qu'aucune information ne peut être confirmée avant conclusions de l'enquête ??
L'avion n'a pas été expertisé mais les explications fusent sans être étayées et sans retenue
Tous les jours un titre alléchant attire l'attention sur un article dans lequel se glisse un "peut-etre" ou un "pourrait"
a écrit le 05/01/2015 à 1:09 :
Je propose au BEA de conclure au manque de "chance" pour dégager toute responsabilité d'Airbus dans ce dossier...
a écrit le 04/01/2015 à 14:34 :
Tant qu'Airbus utilisera des tubes de Pitot fabriqués en France par Thales pour leurs livraisons "spéciales" (traitées par l'Elysée sous des contrats à prix réduit) des accidents de ce genre (comme celui du vol Rio-Paris) continueront à se produire. Point barre.
Réponse de le 04/01/2015 à 15:12 :
airbus utilise aussi beaucoup de sonde américaine,une chose est certaine,les pilotes d air asia on demandé a prendre de l altitude et que sa lui a été interdit dans un premier temps car il y avait trop de trafic a l altitude supérieur.autre chose il n était pas autorisé a voler sur cette ligne le dimanche,si les autres font la meme chose pas étonnant qu il y est des embouteillages,qui complique le travail des aiguilleurs du ciel et qui peuvent mettre des vies en danger.
Réponse de le 04/01/2015 à 15:50 :
Sérieusement, est-ce que vous croyez sérieusement qu'on peut prendre un avion en toute discrétion, y mettre 160 passagers à bord, faire tranquillement le plein et partir ni vu ni connu ?!?!?!?
Si un avion - ou une compagnie - n'est pas autorisé(e) à voler, il (elle) ne l'est pas du tout. Pas "le dimanche" ou "entre le 13 août et le 8 septembre", etc...
Et si un avion n'est pas autorisé à effectuer un vol, il n'y a vėritablement aucune chance pour que ce vol s'effectue, il faut arrêter de croire à des explications triviales comme celle-là.
Réponse de le 04/01/2015 à 18:25 :
Racontez nous donc ce qu'est une livraison spéciale en matière d'Airbus? Vous semblez en savoir long, je vous en prie éclairez nous...
Réponse de le 04/01/2015 à 18:45 :
vous pouvez détailler?
Réponse de le 04/01/2015 à 19:55 :
Non, je ne suis pas l'As du Ciel (hélas non) mais j'ai déjà entendu parler des "livraisons spéciales" chez Airbus. Selon le devis (de nature plus politique ou plus commerciale) toute une série d'équipements se trouvent eux aussi au rabais.
Pour les compagnies des pays du Golfe ou Lufthansa, par ex, tout est dans le haut de gamme et, évidemment, ça coûte plus cher. Pour d'autres compagnies, disons, plus modestes (et AirAsia en est une) les équipements, quoique fiables car homologués par les instances compétentes, sont néanmoins de qualité légèrement inférieure.
Pour ne citer que notre ami l'As, j'ai entendu parler des tubes Pitot de chez Thales, moins coûteux que ceux de Rosemount (américain) ou Verabar (canadien). Et ce n'était pas un hasard que le tube Pitot de l'A330 de ce malheureux vol AF447 Rio-Paris était de fabrication Thales. Selon mes sources, cette pratique d'Airbus est tout à fait à la régulière et est aussi suivie par Boeing et d'autres avionneurs. C'est la maintenance qui est à l'origine des problèmes : contrairement à un matos haut de gamme, un matos de moindre qualité va exiger plus de surveillance du personnel d'entretien. Et ce point là que se trouve la cheville d'Achilles des compagnies "plus modestes". Mais, je souligne, sans rapport du fait d'être une compagnie "low-cost", une compagnie de vols "low-cost" peut être une compagnie tout à fait sûre. EasyJet en est la preuve.
J'espère, en quelque sorte, vous avoir été utile.
Réponse de le 05/01/2015 à 14:37 :
Oui, c'est ça, J. Parent a très bien répondu, rien à ajouter.

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