Air France : les syndicats acceptent de négocier mais ne lèvent pas les préavis de grève

Nouvel appel a la greve a air france, les 10 et 11 avril
Pascal Rossignol

Nouvel appel a la greve a air france, les 10 et 11 avril
Pascal Rossignol
Après sept jours de grève qui ont déjà coûté 170 millions d'euros à la compagnie, les syndicats d'Air France maintiennent la pression sur la direction. L'incompréhension doit être grande pour Franck Terner, le directeur général d'Air France. Alors qu'il estimait mardi qu'il serait « incompréhensible de ne pas lever les préavis de grève » à la suite de sa proposition d'ouvrir dès ce jeudi une négociation pluriannuelle sur les salaires pour les trois prochaines années, l'intersyndicale, composée d'une dizaine de syndicats de tous horizons, a certes accepté dans sa majorité de se mettre autour de la table, mais ne lui pas donné gain de cause sur les préavis de grève. Ces derniers sont en effet maintenus pour les journées des 17, 18, 23 et 24 avril.
Contrainte de négocier avec une épée de Damoclès au-dessus de sa tête, la direction d'Air France va donc devoir jouer serré pour présenter un protocole de sortie de crise dont les modalités convainquent les syndicats. Mardi, pour calmer la grogne des syndicats qui refusent la hausse de 1% proposée (+1,4% de primes individuelles pour le personnel au sol -celles des navigants sont régies par des accords spécifiques), et demandent une augmentation de 6% (hors GVT, primes individuelles, et intéressement) afin de rattraper le gel, non pas des "salaires" depuis 2011, mais le gel des "grilles salariales", la direction a proposé d'accorder qu'une partie des hausses de salaires qui allaient être négociées soit versées dès avril à hauteur de 1% de hausse supplémentaire.
La mesure n'a semble-t-il pas convaincu les syndicats et les salariés.
Pour Karim Taïbi (FO), il est "hors de question qu'on se couche pour 1% [de plus]".
Karine Monsegu, de la CGT, abonde dans le même sens. Selon elle, il faut "maintenir notre mouvement jusqu'à ce que la revendication de 6% d'augmentation "soit satisfaite". "Ils ont un genou à terre", il faut "qu'on tienne le coup jusqu'à ce qu'on obtienne nos augmentations de salaire", a-t-elle ajouté.
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Pour un pilote, la proposition de la direction est maladroite car la hausse de 1% supplémentaire est considérée comme une avance qui sera retenue sur les augmentations des années suivantes. Critiquée, cette façon de faire permet à la direction de maintenir l'accord de NAO sur les 1% signée avec la CFDT et la CFE CGC et donc de ne pas les désavouer à quelques mois des élections professionnelles, une échéance qui, selon de nombreux observateurs, joue d'ailleurs beaucoup dans le comportement de certains syndicats.
Des revendications que la direction a du mal à comprendre.
Et le Pdg du groupe Air France-KLM d'ajouter :
Avec les 2% proposés, le GVT, les primes individuelles et l'intéressement, la masse salariale d'Air France qui tourne autour de 4 milliards d'euros, va augmenter de 5,5% cette année.
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