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ASL Airlines, challenger d'Air France pour reprendre la "pépite" algérienne d'Aigle Azur

Fabrice Gliszczynski

Publié le 04 octobre 2019 à 04:00 - Mis à jour le 04 octobre 2019 à 12:47

ASL Airlines France exploite une flotte de 19 Boeing 737 (en version 700 et 800)

ASL Airlines France exploite une flotte de 19 Boeing 737 (en version 700 et 800)

DR

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Outre les précieux créneaux horaires de décollage à Orly, les droits de trafic entre la France et l'Algérie constituent l'autre pépite laissée par Aigle Azur que vont se disputer d'autres compagnies aériennes. Si, sans surprise, Air France et Transavia vont se positionner sur ce marché, la compagnie française ASL Airlines est également sur les rangs et se dit intéressée par "tout le réseau algérien d'Aigle Azur". Enfin, la low-cost espagnole Vueling va selon nos informations également postuler à l'exploitation de certaines routes.

La lutte pour les dépouilles d'Aigle Azur va faire rage. Outre les précieux créneaux horaires de décollage à Orly, une autre pépite de la compagnie française liquidée suscite les convoitises : les droits des droits de trafic (autorisations de vols) entre la France et l'Algérie, un marché juteux sur lequel Aigle Azur était le principal acteur français avec plus de 30% de parts de marché, contre 8% par exemple pour Air France.

Une centaine de vols par semaine entre la France et l'Algérie

Assurant plus d'une centaine de vols par semaine au départ de Paris, Lyon, Lille, Marseille et Toulouse vers sept villes algériennes (Alger, Oran, Constantine, Annaba,Tlemcen, Béjaïa, Sétif), Aigle Azur détenait de solides positions sur ce marché, acquises au cours des années 2000 après la reprise de la compagnie en 2001 par le Groupe Gofast (aujourd'hui Weaving), détenu à l'époque par l'homme d'affaires franco-algérien, Arezki Idjerouidène, décédé au printemps 2016.

Air France et Transavia sur les rangs

Sans surprise, puisque le réseau algérien était l'une des raisons qui l'avait poussé à regarder le dossier de la reprise d'Aigle Azur, le groupe Air France va se positionner.

« Nous allons demander des droits de trafic. C'est un marché qui nous intéresse, à la fois pour Air France et pour Transavia (la filiale low-cost d'Air France, Ndlr), a indiqué à "La Tribune", Anne Rigail, la directrice générale d'Air France, lors du salon IFTM Top Resa.

Air France et Transavia sont déjà présentes sur le marché algérien. La première au départ de Paris (Roissy) vers Alger et Oran, la seconde au départ de Nantes (vers Alger et Oran) et Lyon (vers Alger).

ASL Airlines "une véritable alternative à Air France"

Mais le groupe Air France n'est pas le seul à lorgner les droits de trafic d'Aigle Azur. Une autre compagnie française se positionne et veut même se tailler la part du lion : il s'agit d'ASL Airlines France, anciennement Europ Airpost, l'héritière de la mythique Aéropostale. Peu connue du grand public, cette compagnie, qui exploite 19 Boeing 737 (ce qui en fait la deuxième compagnie française en nombre d'avions : 11 en cargo et 8 pour le transport de passagers, essentiellement en charter), assure déjà la ligne Paris-Alger au départ de Roissy-Charles de Gaulle, mais aussi les lignes au départ de Bordeaux et de Perpignan vers Oran.

« Nous sommes intéressés pour reprendre les droits de trafic sur l'Algérie et les créneaux horaires à Orly d'Aigle Azur », a indiqué à "La Tribune", le  PDG ASL France, Jean-François Dominiak, également président du Scara, le Syndicat des compagnies aériennes autonomes.

Ce dernier veut même se tailler la part du lion.

«Tout le réseau d'Aigle Azur en Algérie nous intéresse. Nous ne voulons pas avoir des miettes. ASL constitue une véritable alternative au groupe Air France », ajoute-t-il en précisant que l'Algérie entre parfaitement dans la stratégie de développement dans le bassin méditerranéen.

La low-cost espagnole Vueling est aussi sur les rangs

Les deux compagnies françaises seront en concurrence avec des opérateurs étrangers. Ces derniers peuvent en effet prétendre à assurer des vols entre la France et les pays tiers. Assurant déjà la ligne Marseille-Alger, et desservant également le marché algérien au départ de l'Espagne, la compagnie low-cost espagnole Vueling postule elle aussi; selon nos informations aux droits de trafic d'Aigle Azur vers l'Algérie. Et plus précisément pour relier Orly à Alger et Oran.

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Illustration de la newsletter Industrie et service

Le nombre de compagnies aériennes et la capacité en sièges étant limitée par l'accord bilatéral sur les services aériens entre la France et l'Algérie, la direction générale de l'aviation civile (DGAC) lancera un appel d'offres pour désigner les compagnies qui remplaceront Aigle Azur.

Appel d'offres en vue

Le nombre de compagnies sur une ligne dépend de la taille de son marché. Sur les routes dépassant 1 million de passagers annuels, la France et l'Algérie peuvent chacune désigner trois transporteurs pour des services réguliers avec des limites de sièges. Seule la ligne Paris-Alger est concernée. Pour toutes les lignes enregistrant un trafic compris entre 150.000 et 1 million de passagers (Paris-Oran, Lyon-Alger et Marseille Alger), la France et l'Algérie peuvent désigner deux compagnies. Enfin, sur toutes les autres liaisons sur lesquelles le trafic est inférieur à 150.000 passagers, chacun des deux pays désigne une compagnie pour assurer 7 vols par semaine au maximum par transporteur.

À lire également

  • Fin d'Aigle Azur : ce que vont devenir les précieux créneaux de décollage à Orly
  • XL Airways, l'antithèse d'Aigle Azur

Pour rappel, dans ce type d'accord bilatéral, la capacité est partagée à 50-50 entre la France et l'Algérie, chaque pays désignant les compagnies sur la moitié de la capacité qui lui incombe.

Fabrice Gliszczynski

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