Après l'adoption de la LOM, les transports publics à la croisée des chemins

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(Crédits : Reuters)
Entre des débats sur leur financement, des aspirations à la transition écologique et des demandes de multimodalité, les transports publics se préparent à appliquer la loi d'orientation des mobilités.

Alors que la toute-puissance de la voiture individuelle semble atteindre ses limites, l'usage des transports en commun progresse. D'après un sondage Ifop réalisé pour l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP), 73% des Français y ont recours au quotidien, soit 10 points de plus par rapport à 2014.

Les besoins augmentent dans toutes les coins de l'Hexagone: dans la zone dense de l'Île-de-France comme dans les liaisons inter-urbaines. La loi d'orientation des mobilités (LOM), tout juste adoptée, vient d'ailleurs renforcer le rôle des intercommunalités en leur confiant le rôle d'autorité organisatrice de la mobilité (AOM).

Non à la gratuité totale

A mi-chemin entre les communes et les régions, autorités organisatrices de transport traditionnelles, les "intercos" vont devoir trouver des ressources pour assurer cette mission. Aussi, le président de l'UTP et PDG de Transdev, Thierry Mallet, ferme-t-il la porte à la gratuité totale. "Les critères de qualité deviennent monnaie courante dans les contrats avec les collectivités", explique-t-il.

La ponctualité, les écarts par rapport aux horaires affichés, la satisfaction des usagers... sont autant d'éléments mesurés par des enquêtes. S'ils ne sont pas respectés, cela conduit à des pénalités de quelques pour cents sur les contrats. "C'est souvent supérieur à nos marges, cela peut se traduire par une perte de profits, mais cela constitue une vraie motivation pour mettre l'accent sur la qualité de service", précise Thierry Mallet.

"Un axe essentiel en matière environnemental"

D'autant que les opérateurs sont attendus au tournant en matière de virage écologique. "Les transports publics sont un axe essentiel en matière environnemental", souligne le président de la centrale d'achat du transport public Marc Delayer. L'achat de bus électriques aurait même doublé en dix ans. "Nous devons investir pour répondre à ces attentes économiques, environnementales et sociales", abonde Marie-Claude Dupuis, vice-présidente de l'UTP et de la RATP.

Par ailleurs, misant sur un doublement de la mobilité d'ici à 2050, l'Union des transports publics s'ouvre aux acteurs des nouvelles mobilités. Elle vient de créer une commission ad hoc pour "les prendre en compte et réfléchir à leur articulation", ainsi qu'un groupe de travail dédié au vélo. Enfin, en octobre dernier, elle a noué un partenariat avec le Conseil national des profession automobiles. Objectif: augmenter le recours au covoiturage et lutter contre l'autosolisme.

Multimodalité et GAFA

En réalité, l'UTP se prépare au mobility-as-a-system, c'est-à-dire aux applications qui, demain, regrouperont tous les modes de transport et les billets correspondants. Car au 1er juillet 2021, les acteurs du numérique pourront s'inviter sur ces plateformes et proposer des offres multimodales.

"La LOM va leur permettre deux temps : d'abord, une place de marché où ils pourront offrir des tickets de transport en respectant les tarifs ; puis, avec l'accord des autorités organisatrices, ils pourront faire des packages", résume Marie-Claude Dupuis.

Dans ce domaine, les Français ne semblent pas pressés. Seuls 28% souhaitent un abonnement pour tous les modes et 31% un abonnement aux transports publics et un paiement au trajet pour les autres modes contre 41% qui préfèrent payer pour un trajet et pour un mode. Quoiqu'il en soit, toutes ces données vont permettre aux collectivités d'anticiper les besoins et d'imaginer de nouveaux services à apporter à leurs utilisateurs.

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