Plus confortables, plus utiles, plus connectés, plus écologiques... Les transports publics, saturés aujourd'hui, devraient fortement évoluer ces prochaines années. D'autant plus que le marché sera bientôt libéralisé.C'est une véritable révolution que s'apprêtent à vivre les transports publics franciliens à partir de 2023 : l'ouverture progressive à la concurrence. D'abord, les lignes du Transilien, puis les lignes du Grand Paris Express, les RER et, finalement, le métro parisien en 2039. Un big bang auquel se préparent déjà tous les acteurs du marché. Aux enjeux primordiaux.
«L'avenir de la mobilité passe par le transport de masse,rappelle Laurent Probst, directeur général d'Île-de-France Mobilités (IDFM, ex-STIF).On aura toujours besoin de métros et de trains pour réaliser près de 10 millions de déplacements par jour. »
Quel que soi(en)t le ou les opérateurs d'après-demain, l'autorité organisatrice des transports dans la région a déjà mis 10 milliards d'euros sur la table pour les métros et RER de « nouvelle génération ». Ces derniers seront plus spacieux pour faciliter la montée et la descente des passagers. Plus lumineux aussi, mieux climatisés et équipés de ports USB. L'ouverture à la concurrence des transports publics franciliens (voir encadré ci-bas) devrait contraindre en effet les acteurs historiques et les futurs entrants à offrir de meilleures prestations qu'aujourd'hui.
« La concurrence va apporter de l'innovation et logiquement de nouveaux services, ce qui peut attirer davantage de clients, souligne Claude Faucher, délégué général de l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP). Dès lors, nous pouvons entrer dans un cercle vertueux, avec de nouvelles recettes et davantage de services qui amènent plus de clients », poursuit-il.
Miser sur le numérique
Île-de-France Mobilités veut également mettre le paquet sur la révolution numérique au service des Franciliens. L'organisme prépare pour 2020 une application qui fera du mobility-as-a-service, c'est-à-dire regroupant tous les modes de mobilité. Ses fonctionnalités seront également accessibles sur les agrégateurs, comme Uber et CityMapper, qui permettront dès lors d'acheter des titres de transport. À l'horizon 2030, date de livraison du Grand Paris Express, cette application « sera un véritable assistant qui comparera le trajet en transport en commun à celui en voiture, promet Laurent Probst. Si la ligne L dysfonctionne, l'appli saura conseiller de prendre la U pour ne pas arriver en retard au travail. »