Le tribunal administratif de Toulouse examinait ce mardi les recours contre les autorisations environnementales du projet. En jeu : la reconnaissance d’une « raison impérative d'intérêt public majeur », condition nécessaire pour poursuivre le chantier.
Existe-t-il une « raison impérative d'intérêt public majeur (RIIPM) » justifiant la construction de l'autoroute A69 Toulouse-Castres ? C'est la question cruciale sur laquelle s'est penché ce mardi le tribunal administratif de Toulouse. Pendant une audience d'un peu plus de trois heures, opposants et défenseurs se sont écharpés sur cette notion qui justifie les dérogations environnementales dont bénéficie aujourd'hui le projet.
En novembre dernier, la rapporteure publique, Mona Rousseau, juge indépendante dont les avis guident les tribunaux, avait conclu qu'il n'existait pas de « raison impérative d'intérêt public majeur » justifiant la construction de cette autoroute et avait par conséquent requis l'annulation des autorisations environnementales.
Devant une salle bondée, la magistrate a ouvert les débats en reprenant un argumentaire en défaveur du projet : « Le projet présente un intérêt économique sans pour autant que la zone souffre d'enclavement. En termes de sécurité routière, son intérêt doit être mis en balance avec la dégradation à venir de l'itinéraire de substitution », avant de conclure avec fermeté : « nul doute que vous trouverez un intérêt public à ce projet mais il n'est ni impératif ni majeur. »
Pas de désenclavement nécessaire
Une conclusion saluée par l'avocate des associations opposées au projet. Dans une longue plaidoirie, Alice Terrasse, a déconstruit point par point les arguments avancés par la défense en terme économique, social et sécuritaire. Sur ce dernier point, l'avocate défend la route actuelle (RN126) qui ne serait pas plus accidentogène que la moyenne nationale : « en réalité le ratio de tué par kilomètre et de 0,02 or la moyenne nationale est de 0,03 ».
L'autre point de tension concerne la question de l'enclavement du territoire de Castres-Mazamet. Selon les chiffres de l'INSEE mis en avant par la rapporteure publique, « entre 2015 et 2021 l'évolution démographique de Castres est comparable aux villes alentours (...) avec une légère croissance démographique qui témoigne d'une forme d'attractivité ». Pour Alice Terrasse, l'agglomération « n'est pas un territoire en souffrance ».
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