Bouffée d'oxygène pour Thalys pour préparer la reprise...et la fusion avec Eurostar

Une semaine après le plan de financement conclu entre Eurostar et ses actionnaires, le franco-belge Thalys réalise "le premier appel au financement externe" de son histoire. Après une chute inédite de son activité en 2020, l'entreprise prépare la reprise ainsi que sa fusion avec Eurostar.

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Après une chute inédite de son activité en 2020, la compagnie ferroviaire Thalys vient de trouver 210 millions d'euros de financement auprès de cinq banques européennes.
Après une chute inédite de son activité en 2020, la compagnie ferroviaire Thalys vient de trouver 210 millions d'euros de financement auprès de cinq banques européennes. (Crédits : PASCAL ROSSIGNOL)

Une bouffée d'oxygène pour Thalys, l'opérateur de trains à grande vitesse entre la France, la Belgique, les Pays-Bas et le nord-ouest de l'Allemagne. Frappée de plein fouet par l'impact de la pandémie sur les transports, notamment transfrontaliers, la société ferroviaire franco-belge, filiale de la SNCF (60%) et de la SNCB (40%), a obtenu un prêt bancaire de 120 millions d'euro. Une somme qui doit permettre "de sécuriser" son avenir "dans un contexte de levée des restrictions de déplacement et de reprise progressive de l'activité", s'est réjoui Bertrand Gosselin, le directeur général de Thalys.

Contracté auprès de cinq banques européennes (BRED, HSBC, Natixis, Société Générale et ING), ce financement a une maturité de 4 ans. Il permettra aussi à Thalys de "se concentrer sur sa relance commerciale et reprendre le chemin de la croissance", a ajouté Bertrand Gosselin.

Lire aussi Thalys : le projet de fusion avec Eurostar est confirmé pour 2021

Car l'année 2020 a été une année noire pour la société ferroviaire : en raison d'une dégringolade de son chiffre d'affaires de 70%, à 165,6 millions d'euros, Thalys a essuyé une perte nette de 137,7 millions d'euros.

Mais l'entreprise franco-belge n'est pas la seule à chercher des soutiens face à la crise : Eurostar (autre filiale de la SNCF à 55%) a conclu il y a une semaine un accord de financement de 250 millions de livres (290 millions d'euros) avec ses actionnaires et ses banques pour échapper à une faillite imminente

Une chute de 70% de la fréquentation

La compagnie transmanche, qui n'assure plus aujourd'hui qu'un seul Londres-Bruxelles-Amsterdam quotidien a subi une chute considérable de sa clientèle, plus importante que tout autre opérateur ferroviaire européen ou compagnie aérienne concurrente.

Comme Eurostar, Thalys a connu une chute inédite de son activité cette année. La compagnie franco-belge indiquait fin mars avoir perdu 70% de ses passagers en 2020 à cause de la crise sanitaire, chutant à seulement 2,5 millions, a détaillé la compagnie dans un communiqué.

Malgré la suppression de 60% des circulations et la mise en place d'un plan de réduction de coûts, l'exercice 2020 s'était achevé sur un Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) de 78,5 millions d'euros, contre un excédent de 115 millions un an plus tôt. La perte nette de 2020 a atteint 137,7 millions d'euros.

Eurostar-Thalys, une fusion imminente

Alors que la vaccination progresse et que la mise en place d'un pass sanitaire européen se profile cet été, Thalys se prépare à la reprise.

"Nous avons préparé l'élargissement de notre plan de transport et sommes prêts à augmenter nos fréquences et à accueillir plus de voyageurs, dès que le contexte sanitaire le permettra", notait Bertrand Gosselin fin mars, promettant "quelques surprises" pour les 25 ans de la compagnie à partir de juin.

Mais en plus des difficultés qu'elles ont rencontrées cette année, les deux compagnies ferroviaires pourrait bien avoir un avenir commun. La SNCF avait annoncé à l'automne 2019 la fusion des deux filiales, que le directeur général de Voyages SNCF Alain Krakovitch, espère réalisée pour la fin de l'année.

La fusion Eurostar-Thalys doit permettre "de chercher des synergies", de faire des économies en optimisant la rotation des rames ou en unifiant l'informatique et les systèmes de distribution, a récemment expliqué M. Krakovitch à l'AFP, l'objectif étant de "se développer en Europe du Nord".

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