ENTRETIEN. Carole Delga, présidente (PS) du conseil régional d'Occitanie et patronne des Régions de France, sort de son silence au lendemain de la conférence gouvernementale de financement des mobilités. L'élue locale confie à La Tribune ses motifs de satisfaction tout en exprimant ses déceptions.LA TRIBUNE — Comment accueillez-vous les conclusions de la conférence de financement des mobilités Ambition France Transports ?
CAROLE DELGA — C'est un bon travail collectif qui a été remis dans un délai extrêmement court. Je tiens à en saluer la qualité et les perspectives qu'il offre. Nos vice-présidents régionaux étaient présents dans les quatre ateliers et j'ai moi-même animé une audience avec le président de la conférence, Dominique Bussereau, et l'ensemble des présidents de région, afin que nous puissions présenter nos propositions.
Des investissements significatifs ont été annoncés...
(Elle coupe) Adopter une vision pluriannuelle et réorienter les bénéfices des concessions autoroutières qui représentent 2,5 milliards d'euros faisaient partie de nos demandes, cela nous donne donc satisfaction. L'objectif est de développer un service public de qualité pour les usagers, en faveur de l'aménagement et de l'attractivité des territoires. Les transports sont gages de compétitivité pour les entreprises. Pour cela, la France doit avoir des infrastructures performantes pour les salariés et le transport de marchandises. De plus, ces investissements soutiennent la filière BTP et celle du matériel roulant, avec des savoir-faire reconnus essentiellement français. Il en demeure cependant des points de vigilance.
Lesquels ? Le soutien aux petites lignes de chemins de fer qui n'a même pas été évoqué ?
Nous savons que le préfet Philizot va avoir une nouvelle mission sur ce sujet, sachant qu'il a déjà travaillé déjà là-dessus. Avec 4 000 km de lignes menacées, il y a une nécessité urgente d'un financement dédié, via une programmation pluriannuelle, à ces « petites lignes », qui desservent une partie importante de nos territoires dans le périurbain ou le rural. On ne doit pas démanteler, sacrifier ce patrimoine ferroviaire extraordinaire pour notre pays et son avenir. Nous serons également vigilants sur les lignes à grande vitesse car nous restons profondément attachés à la réalisation des axes Marseille-Nice, Toulouse-Bordeaux-Dax et Montpellier-Perpignan, indispensables à la partie sud de la France et aux liaisons internationales. Il faut que ces projets puissent continuer à avancer !