Sans surprise, la séance de clôture de la conférence de financement des mobilités a commencé par vingt minutes de retard ce mercredi matin à l'hôtel de Roquelaure. « Désolé pour la ponctualité ferroviaire », s'est exclamé, large sourire aux lèvres, l'ancien ministre Dominique Bussereau, chargé de présider ce raout gouvernemental baptisé Ambition France Transports, suscitant les exclamations mi-agacées, mi-amusées, de la rangée occupée par les dirigeants de la SNCF, ainsi que les rires du reste de la salle.
Pendant dix semaines, l'ancien élu local et parlementaire a fait plancher 50 experts politiques, publics et privés sur l'avenir du fleuve, du rail et de la route. Deux mois, quatre ateliers et des dizaines d'heures de réunion à l'issue desquels il a défendu, notamment, le maintien des péages autoroutiers et le renforcement du cadre pluriannuel de financement. « C'est une nouvelle page de l'histoire de nos infrastructures qui s'ouvre », lui a promis, juste après, le ministre des Transports, Philippe Tabarot.
Le gouvernement portera en effet un projet de loi-cadre en décembre, coécrit avec les parlementaires, puis un texte de programmation, construit sur la base d'une revue des grands projets réalisée par le Conseil d'orientation des infrastructures, qui fixera une trajectoire d'investissements précise. « Ces textes devront être inscrits à l'ordre du jour du Parlement pour rassurer tout le monde. Sinon, il y aura de la frustration », met en garde le vice-président (LR) du Sénat, Didier Mandelli, copilote de l'atelier sur le modèle économique des autorités organisatrices de mobilité.