CMA CGM, l'autre bouée de sauvetage d'Air France-KLM (après l'Etat)
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Air France-KLM et CMA CGM s'allient opérationnellement et capitalistiquement.
Christian Hartmann
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Air France-KLM et CMA CGM s'allient opérationnellement et capitalistiquement.
Christian Hartmann
Les discussions étaient vraisemblablement engagées depuis longtemps, peut-être même depuis le milieu de l'année dernière, entre Air France-KLM et CMA CGM. Pourtant, l'annonce de leur partenariat, ce 18 mai, a surpris par son envergure. En plus d'une coopération opérationnelle, les deux groupes se sont accordés pour nouer une relation capitalistique forte : Le géant du maritime CMA CGM va devenir actionnaire de référence d'Air France-KLM à hauteur de 9 %. Cette opération doit se concrétiser dans le cadre de l'augmentation de capital du groupe de transport aérien. Attendue de longue date, repoussée à cause d'événements extérieurs à répétition (Omicron, guerre en Ukraine, envolée du pétrole), celle-ci pourrait se concrétiser désormais rapidement en dépit de conditions de marché encore compliquées.
CMA CGM et Air France-KLM ont donc signé un partenariat stratégique de dix ans dans le domaine du fret. Les deux groupes vont ainsi proposer une offre reposant sur "10 appareils tout cargo" déjà en activité (quatre Airbus A330-200F pour CMA CGM, deux Boeing 777F pour Air France et quatre 747-400BCF/ERF pour KLM), avec "6 appareils tout cargo chez Air France-KLM basés à l'aéroport Paris-Charles de Gaulle et à l'aéroport Amsterdam Schiphol", selon le communiqué. La flotte sera renforcée par la commande de 12 nouveaux appareils, principalement des Airbus A350F.
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Cette alliance va permettre à Air France-KLM d'étoffer et de structurer son offre cargo, et la rendre ainsi plus résiliente. Dans son format actuel, elle pouvait ainsi présenter quelques faiblesses en cas de "normalisation" du marché du fret aérien. Actuellement, celui-ci bénéficie de prix très élevés, en raison d'une demande en forte accélération depuis le début de la pandémie et d'une offre qui peine à suivre la cadence. Selon l'IATA, les tarifs en décembre dernier étaient ainsi 150 % supérieurs à ceux de décembre 2019. Cette tension sur le marché devrait néanmoins s'apaiser peu à peu et les prix devraient descendre de manière substantielle pour revenir vers un niveau plus traditionnel dans les prochaines années.