Crise : le pari de Vinci sur les aéroports se retourne contre lui

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Vinci estime que le trafic aura chuté de deux tiers dans ses aéroports cette année.
Vinci estime que le trafic aura chuté de deux tiers dans ses aéroports cette année. (Crédits : Philippe Wojazer)
Après plusieurs années d'investissements massifs dans les aéroports internationaux, difficile d'imaginer pire scénario pour Vinci : la crise sanitaire a entraîné une chute brutale du trafic aérien. Malgré tout, le groupe, par la voix de son PDG Xavier Huillard, reste serein. "Nous sommes des gens de long terme, nous voyons loin", a-t-il déclaré.

Miser des milliards d'euros sur les aéroports mondiaux: c'est, depuis des années, la grande stratégie du géant français Vinci. Mais ce pari, qui s'annonçait payant, risque maintenant de plomber le groupe face aux conséquences catastrophiques de la crise pour le trafic aérien.

"C'est encore très lent dans l'aéroportuaire", a résumé ce vendredi Xavier Huillard, PDG de Vinci, lors de la présentation de ses résultats semestriels.

La crise sanitaire du virus a plombé le groupe. Il subit une perte nette de 294 millions d'euros - un an plus tôt, c'était un bénéfice de plus d'un milliard - et une chute de 15% de son chiffre d'affaires, sur un an, à 18,5 milliards.

Vinci s'abstient de prévisions précises pour l'année en cours, promettant de faire mieux au second semestre mais prévenant que revenus comme bénéfices seront en "très net retrait" par rapport à l'an dernier.

Surtout, le retour à la normale attendra. Même si le groupe assure de sa capacité à vite rebondir, il prévient déjà que ses résultats ne retrouveront pas l'an prochain leur niveau de 2019.

Ces annonces étaient accueillies sans grande réaction en Bourse, où Vinci évoluait à l'ouverture en légère hausse (+0,62%).

Le groupe a souffert dans ses deux grandes branches: les chantiers de construction et les transports, domaine dans lequel il exploite des autoroutes et des aéroports.

Ces deux grands univers ont en commun d'avoir subi la crise sanitaire et la mise en place pendant plusieurs semaines de strictes mesures de confinement dans de nombreux pays, dont la France.

Reste que leurs perspectives sont désormais très contrastées.

Les chantiers ont, certes, dû largement s'arrêter pendant des semaines à cause des restrictions sanitaires. Avec ces retards en série, Vinci prévient que les revenus de cette branche baisseront cette année entre 5% et 10%.

Mais l'avenir s'y annonce finalement bien. Les chantiers ont vite repris, ont globalement retrouvé une activité normale, et les commandes, gage de revenus futurs, ont fortement augmenté grâce à de gros contrats comme le futur siège du groupe Total à la Défense.

Sur les autoroutes, le trafic revient peu à peu même si le bilan sera lourd sur l'année. Là où la situation ne s'éclaircit pas, c'est dans les aéroports, au moment où le secteur aérien voit de plus en plus s'éloigner la perspective d'un retour à la normale.

Lire aussi : Transport aérien : le pire est à venir

Pas de regrets

La fédération mondiale du secteur vient de reconnaître qu'il ne fallait pas tabler dessus avant 2024, car la recrudescence du Covid-19 dans un certain nombre de pays freine la réouverture des frontières.

Lire aussi : Face à la menace d'une seconde vague, l'Europe durcit ses mesures anti-Covid

La conséquence est rude pour Vinci. Il juge que le trafic aura chuté de deux tiers dans ses aéroports cette année, sans s'avancer encore à chiffrer les conséquences pour ses résultats.

Difficile d'imaginer un pire moment pour le groupe, car il sort de plusieurs années d'investissements massifs dans les aéroports internationaux, un développement qu'il a mis au coeur de sa stratégie.

Son opération la plus emblématique reste le rachat l'an dernier pour quelque trois milliards d'euros du site de Gatwick à Londres. Mais c'est loin d'être le seul aéroport à avoir rejoint le portefeuille de Vinci, devenu l'an dernier le deuxième spécialiste mondial des aéroports derrière l'espagnol Aena.

Cette stratégie avait un sens. Même si le trafic aérien marquait déjà le pas juste avant la crise sanitaire, il restait animé et les aéroports devaient être le gage de bénéfices réguliers pour le groupe, comme ses autoroutes.

Certes, cela l'exposait à des polémiques comme sur la privatisation d'ADP, exploitant des aéroports d'Orly et Roissy pour lesquels Vinci marquait un intérêt de moins en moins marqué ces derniers temps. Mais les résultats économiques étaient là, avec une part de plus en plus marquée dans ses bénéfices.

Désormais, la situation a drastiquement changé, même si le groupe assure ne pas avoir de regrets.

"Nous sommes des gens de long terme, nous voyons loin", a minimisé M. Huillard, renvoyant à la durée très longue des concessions d'aéroports, généralement sur plusieurs dizaines d'années. "Le trafic aérien n'a aucune raison de ne pas redémarrer dans les prochaines années", a-t-il conclu. "Il s'agit simplement d'être patients."

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Commentaires
a écrit le 04/08/2020 à 15:42 :
Prescription médicale: Deux à Trois pandémies par an (vagues) pendant 10ans + vitrification de la totalité de vos aéroports lors de la prochaine guerre mondiale. Le mal devrait ainsi passer. Bon rétablissement.


Ps: vous devez penser à vos licenciements "d'avant crise covid"... En effet, c'est bon pour vous et c'est bon pour votre moral ;-)
a écrit le 03/08/2020 à 13:36 :
Vinci annoncé favori pour acheter Aéroports de Paris y réfléchira à deux fois...
a écrit le 03/08/2020 à 3:57 :
"Nous sommes des gens bien, nous virons point" pense probablement via introspection la direction d'aéroport de lyon après "l'accord"... Ou comment remplacer la scie manuelle avec laquelle on scie la branche sur laquelle on est assis par une tronçonneuse pour baobab!
Je m'explique: en 2020 et par rapport à la crise actuelle qui démarre tout juste (attention pas comparable avec 1929 car le capitalisme avait survécu...) Donc un accord "intelligent" en 2020 aurait été de basculer en entreprise libérée, voir la définition wiki ci-dessous:
Entreprise libérée
Le terme entreprise libérée désigne « une forme organisationnelle dans laquelle les salariés sont totalement libres et responsables dans les actions qu'ils jugent bon — eux et non leur patron — d'entreprendre. »Elle rejoint le champ des approches de gouvernance partagée.
En effet, supprimer les postes "très élevés" soit pour ce genre de boutique 1% ou 0,1/10. Cela met au chômage 10 fois de chômeurs que l'accord de l'article. C'est pas grave me dirait vous, sauf que... Nombreuses analyse systémiques dans un registre de bonnes finances surtout à des niveaux mondiaux y compris la situation économique des états et donc la France macro et tout le toutim: il est ainsi attendu 1,5 millions e nouveaux demandeurs d'emplois sachant qu'a partir de +500000 ça sera un changement de notation pour la France et sans doute très douloureux... Si c'est seulement les patrons qui partent alors il n'y aura pas la banqueroute systémique avec les 6000000 de chômeurs en plus et les faillites de banques en cascades... Vous verrez l'ensemble démarrer vers le million de demandeurs d'emplois supplémentaire probablement fin 2021. Pour terminer, la concession de cet aéroport ainsi que nombres d'entreprises seront nationalisées et avec bienveillance comme la capitalisme aura été avec la planète. Fin du capitalisme avec en prime des régalements de comptes qui sont inévitables pendant ces périodes troubles et j'ai failli oublier d'avertir qu'on a multiplié par mille le risque d'une guerre mondiale dans les cinq prochaines années et enfin que la prise en compte écologique est bien trop tardive pour espérer survivre 20 ans de plus. Elon et plein d'autres le savent... C'est le jugement dernier, qui qu'il arrive... ;)
a écrit le 02/08/2020 à 14:41 :
Vinci n'est pas une entreprise française qui a réussi à l'international et travaille partout ? Vu les commentaires, le succès français semble ne satisfaire personne (c'est le paradoxe des habitants, on n'est content de rien, ça va bien, ça pourrait être mieux, ça va mal, on vous l'avait dit, on est (voire ils sont :-) ) nuls. On se croit en enfer à défaut de se comparer mais si ailleurs c'est pire, tant pis pour eux nous on veut (encore) mieux !).
J'ai rien contre Vinci et consorts, je n'emprunte pas les autoroutes payantes, sauf une fois, contraint, en approchant de Macon, une bretelle de la nationale était fermée (travaux), pas de choix, accès obligé à l'autoroute, assez pratique finalement, on contourne sans s'enquiquiner à encombrer la ville quand on ne fait que passer. Je connais la route à vue mais pas le nom des bretelles, quand y a un panneau "sortie BidulMachin fermée", ça ne me dit rien du tout, hélas).
a écrit le 01/08/2020 à 18:21 :
c'est la règle de base du capitalisme : tu peux gagner gos mais aussi perdre gros .On ne va pas pleurer sur eux qui nous enfument avec leurs péages d'autoroute ..
a écrit le 01/08/2020 à 12:47 :
L'avantage lorsqu'on est du bâtiment, c'est de pouvoir facilement faire des travaux. Un aéroport, ce sont d'immenses hangars et de grands halls, cela doit pouvoir s'aménager en autre chose facilement pour des clients qui ont besoin d'espaces propres qui ont une facilité d'accès par route ou transport en commun. Pour trois ans, cela vaut la peine de faire quelques locations "ciblées" parce que n'importe qui ne peut, non plus, avoir accès à un aéroport pour la sécurité.
a écrit le 01/08/2020 à 10:34 :
Pas grave, c'est l'état qui va payer ou Vinci va augmenter les péages.
Essentiel est que Vinci est le plus grand dans la gestion des aéroports, un peu comme Alstom qui veut être le plus grand. Dans combien d'année l'état va devoir aider Alstom/Bombardier.
a écrit le 31/07/2020 à 18:09 :
Bah ave l'argent public tout est possible on est plus à un échec près.
a écrit le 31/07/2020 à 12:45 :
Faut pas s'inquièter, les actionnaires sont les potes de macron, donc ils vont se faire la cerise sur les gens, les tarifs et le reste......

Et comme macron refinance que les multinationales, disons que la aussi ils n'ont pas de soucis a se faire, l'état travaille pour eux....

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