ENTRETIEN. Malgré les menaces qui pèsent sur le budget des régions, Franck Leroy, président du conseil régional du Grand Est, a décidé de sanctuariser bon nombre de dépenses liées aux transports avec 1,6 milliard d'euros sur la table comme il l'explique à La Tribune. Mais il en faudra pourtant plus pour mener à bien tous les projets, notamment les RER métropolitains.
LA TRIBUNE - La région Grand Est a fortement augmenté ses investissements dans les transports publics. Depuis deux ans, les mobilités représentent près de 1,6 milliard d'euros dans votre budget régional. Quelles sont vos priorités ?
FRANCK LEROY - Les enjeux de transport sont tout à fait particuliers dans le Grand Est. Nous sommes positionnés sur trois Services express régionaux métropolitains [Serm, dit aussi RER métropolitains]. Strasbourg a été le préfigurateur en décembre 2022, et deux autres sont prévus sur Mulhouse-Bâle et Luxembourg-Metz. Nous sommes présents sur sept lignes ferroviaires transfrontalières entre la France et l'Allemagne, où nous venons d'investir 450 millions d'euros dans des trains spécifiques, adaptés à la signalisation des deux pays, avec des conducteurs bilingues.
Nous sommes aussi positionnés sur la reconquête de la desserte fine du territoire. La collectivité travaille sur les lignes capillaires, que la SNCF a abandonnées au fur et à mesure, et qui peuvent accueillir du fret comme du transport de passagers. Le Grand Est produit chaque jour autant de trains que les régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine réunies. Deux régions pourtant plus grandes que la nôtre.
Dans l'attente de la loi de finances, les budgets des régions apparaissent incertains. Avez-vous prévu de corriger certains investissements, à la hausse ou à la baisse, en 2025 ?
Notre budget régional a été voté au mois de décembre 2024. Nous sommes partis de l'hypothèse la plus pessimiste, avec un effort qui nous était demandé de l'ordre de 135 millions d'euros. Avec le nouveau gouvernement, si la loi de finances est plus favorable aux régions, nous pourrons débloquer de nouveaux dossiers comme les cars express, envisagés sur une dizaine de lignes dans les secteurs ruraux. Mais avant de le faire, nous voulons savoir si nous avons les moyens de les financer.
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