C'était la réunion à ne pas rater le 5 mai dernier. À l'hôtel de Roquelaure, boulevard Saint-Germain, la Première ministre Elisabeth Borne, flanquée de ses ministres Christophe Béchu (Transition écologique et Cohésion des territoires), Clément Beaune (Transport), Olivia Grégoire (Tourisme) et Roland Lescure (Industrie), a présenté un « plan vélo » de 2 milliards d'euros d'ici à fin 2027.
Dans la continuité d'un premier plan lancé en septembre 2018 par le gouvernement Philippe dans le cadre de la loi d'orientation des mobilités (LOM), la cheffe du gouvernement a annoncé le déblocage d'une enveloppe annuelle de 250 millions d'euros dès 2024 pour « accélérer » le développement des pistes cyclables, soit 1,25 milliard d'euros pour les quatre prochaines années.
Et ce notamment dans les petites et moyennes villes ainsi que les villages ruraux, aujourd'hui peu équipées en infrastructures à la différence des métropoles. Sauf que malgré cette volonté politique affichée par l'exécutif, le vade mecum n'a pas (encore ?) été donné aux élus locaux compétents en matière d'autorité organisatrice de mobilité.
D'autant que sur le terrain, les plus petites intercommunalités ne sont pas nécessairement devenues des autorités organisatrices de mobilité (AOM), comme cela était prévu par la loi LOM de 2019. En théorie, les élus locaux concernés avaient jusqu'au 31 mars 2021 pour se décider. Dans la pratique, la crise sanitaire a retardé l'élection puis la désignation des exécutifs intercommunaux et fait retourner les Français vers leur voiture individuelle, bloquant tout débat local sur les politiques à conduire en termes de transport et de mobilité.