Grève SNCF à Noël: le ministre des Transports monte au créneau
latribune.fr
« Ce dialogue doit aboutir parce qu'on ne peut pas imaginer qu'au moment où la France doit aller de l'avant, elle soit bloquée et qu'au moment où les Français veulent se retrouver, ils ne puissent pas le faire », a plaidé François Durovray sur France...
Jean-Marc Barrère / Hans Lucas via Reuters Connect
François Durovray a réclamé dimanche que le dialogue devait « aboutir » entre les dirigeants de la SNCF et les syndicats de l'entreprise publique, qui ont appelé à une grève illimitée à partir du 11 décembre. « Chacun doit être responsable », a plaidé François Durovray sur France Info.
Le ministre des Transports tape du point sur la table face à la menace des syndicats de la SNCF. Pour rappel, ces derniers ont appelé samedi à une grève illimitée à partir du mercredi 11 décembre, notamment pour réclamer un moratoire contre le démantèlement de Fret SNCF.
«Chacun doit être responsable», a plaidé François Durovray sur France Info. «Ce dialogue doit aboutir parce qu'on ne peut pas imaginer qu'au moment où la France doit aller de l'avant, elle soit bloquée et qu'au moment où les Français veulent se retrouver, ils ne puissent pas le faire.»
Interrogé pour savoir si le gouvernement ferait en sorte qu'il y ait des trains à Noël, il a répondu: « Personne n'accepterait que ce ne soit pas le cas », sans plus de précision.
Le ministre s'est dit prêt à recevoir de nouveau les syndicats mais a souligné que le dialogue dans une entreprise - même publique - devait « d'abord s'établir entre ses dirigeants et les organisations syndicales ». De son côté, justement, le vice-président de la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut), Michel Quidor, a dénoncé sur RMC une « grève malvenue (et) incompréhensible » pour des centaines de milliers de voyageurs qui « n'ont rien à voir (avec le fret et) comptent sur le train pour ces fêtes de fin d'année ».
Fret SNCF au cœur des tensions
Leader du transport de marchandises par rail en France, Fret SNCF va disparaître le 1er janvier pour renaître en deux sociétés distinctes, avec 10% d'effectifs en moins: Hexafret, pour le transport de marchandises, et Technis, pour la maintenance des locomotives.
C'est l'aboutissement d'un plan négocié entre la Commission européenne et l'État français, soupçonné d'avoir versé des aides à Fret SNCF en violation des règles de la concurrence. S'offraient deux options: soit négocier un « plan de discontinuité » faisant disparaître l'entité Fret SNCF et permettant d'éviter les poursuites; soit prendre le risque d'aller au contentieux et de perdre, avec l'obligation de rembourser 5 milliards d'euros, ce qui aurait pu conduire à la liquidation de la société qui emploie 5.000 salariés.
Le ministre a cependant indiqué que des « assurances » avaient été données « pour que les cheminots puissent rester dans l'entreprise (et) que tous les trajets actuellement effectués par le train restent sur le train et n'aillent pas vers la route ».
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Mais les fédérations syndicales « réaffirment que la mise en place d'un moratoire est possible et nécessaire pour permettre aux différents acteurs de se remettre autour de la table, et trouver les voies permettant de garantir non seulement la continuité de Fret SNCF, mais aussi son développement sur le plus long terme », dans un communiqué publié vendredi. « Ce moratoire est indispensable face à la souffrance de nos collègues du fret », font valoir les syndicats.