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Entreprises & FinanceTransport & Logistique

Fret SNCF : disparation programmée au 1er janvier

latribune.fr

Publié le 04 novembre 2024 à 15:26 - Mis à jour le 04 novembre 2024 à 16:09

Le Quotidien Numérique

17 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Fret SNCF va disparaître le 1er janvier prochain, mais pas totalement. Le groupe SNCF a annoncé, ce lundi, le remplacement de sa filiale dédiée au fret ferroviaire en France par deux sociétés distinctes, baptisées Hexafret et Technis. Il s'agit de la deuxième étape de son plan de discontinuité, décidé sous la pression de Bruxelles et contre lequel les syndicats menacent d'une grève.

C'est officiel : Fret SNCF a moins de deux mois à vivre. La direction du groupe public SNCF a annoncé que son entreprise chargée du transport de marchandises va disparaître le 1er janvier prochain. Elle va laisser la place à deux sociétés distinctes : d'une part, Hexafret, pour le transport de marchandise, et d'autre part, Technis pour la maintenance des locomotives.

Cette disparition de Fret SNCF « est très dure pour les cheminots », a reconnu Frédéric Delorme, le président de Rail Logistics Europe, la holding regroupant toutes les activités fret de la SNCF (Fret SNCF, Captrain, transport combiné...). Malgré l'affaiblissement de l'entreprise, il estime que les conditions sont réunies « pour se développer sur le plan économique ». « Ces sociétés (Hexafret et Technis) vont bénéficier de facteurs favorables », assure-t-il.

Fret SNCF est actuellement leader du fret ferroviaire en France. L'entreprise représente près de la moitié des parts de marché avec un chiffre d'affaires de 700 millions d'euros annuel.

Deuxième étape du plan de discontinuité

Cette décision s'inscrit dans le cadre du plan de discontinuité négocié par le gouvernement français avec la Commission européenne. Fret SNCF était dans le viseur de Bruxelles depuis début 2023 en raison d'aides d'État versées pour combler son déficit. Un soutien considéré comme illégal, qui se serait étalé entre 2005 et 2019, pour un montant estimé à cinq milliards d'euros.

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Le gouvernement n'a eu que deux options selon les acteurs du dossier pour contenter la Commission. Soit aller au contentieux et prendre le risque de perdre. Cela aurait alors contraint Fret SNCF à rembourser les cinq milliards d'euros et entraîné sa disparition avec un plan social visant ses 5.000 salariés, selon ses dirigeants de la SNCF. Soit négocier ce plan de discontinuité. C'est la voie qui a été choisie par le ministre délégué aux Transports de l'époque, Clément Beaune, et confirmée lundi dernier par son successeur François Durovray.

« La SNCF s'est battue aux côtés de l'État pour obtenir la discontinuité la plus modérée possible »,a rappelé à l'AFP ce lundi Frédéric Delorme, président de Rail Logistics Europe.

Dans le cadre de ce plan, Fret SNCF a déjà été contraint d'abandonner 23 flux de marchandises parmi les plus rentables à la concurrence (repris par des opérateurs belges, allemands et français). Soit 20% de son chiffre d'affaires et 30% de ses trafics. Cette opération a été réalisée au premier semestre 2024.

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Après la suppression de Fret SNCF, il restera encore une troisième et dernière étape. À savoir l'ouverture du capital de Rail Logistics Europe, qui doit avoir lieu fin 2025-début 2026. « Avec une ligne rouge : que le groupe SNCF reste majoritaire », a assuré Frédéric Delorme.

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Menace de grève

La disparition de Fret SNCF n'est pas sans conséquence au niveau social. 500 suppressions d'emplois sont à la clé, soit 10% des effectifs. Sur les 4.500 salariés conservés, 10% iront chez Technis et le reste chez Hexafret.

La SNCF et le gouvernement ont promis qu'il n'y aurait aucun licenciement. L'ensemble des cheminots seront pour cela transférés dans d'autres entreprises du groupe ferroviaire. Les premiers salariés concernés devraient ainsi intégrer des filiales nouvellement créées par la SNCF dans le cadre de l'ouverture à la concurrence. Et ce, dès la mi-décembre, à Nice et Amiens.

Reste que les syndicats du groupe public sont fermement opposés à ce plan. La semaine dernière, ils ont déposé une alarme sociale, à savoir une demande de concertation immédiate avec la direction. Une première réunion de conciliation doit avoir lieu cette semaine, dernière étape avant un probable préavis de grève.

« L'alarme sociale permet de déposer un préavis de grève et nous avons une volonté unitaire de hausser le rapport de force ces prochaines semaines », a précisé à l'AFP le secrétaire fédéral Sud-Rail, Julien Troccaz, jeudi dernier.

Dans un communiqué publié le même jour, la CGT-Cheminots, l'Unsa-Ferroviaire, Sud-Rail et la CFDT-Cheminots s'indignent des « multiples réorganisations, déstructurations du système ferroviaire public ». Elles « viennent percuter de plein fouet le nécessaire développement d'un outil public ferroviaire voyageurs et marchandises performant », fustigent les syndicats. Ils demandent donc de « mettre fin » au plan de discontinuité et dénoncent aussi le processus d'ouverture à la concurrence dans le transport de voyageurs. « Le point commun de ces stratégies est de remettre en cause l'unité du Groupe et son cadre social dans le cadre d'un abaissement du niveau des droits et garanties des cheminots », dénoncent-ils.

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Les syndicats demandent un moratoire sur le processus de discontinuité de Fret SNCF, « l'arrêt de la filialisation TER, Transilien et Intercités soumis à la concurrence » et une programmation pluriannuelle de financement des infrastructures.

(Avec AFP)

latribune.fr

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