SNCF : vers une grève illimitée pour sauver le fret du démantèlement
latribune.fr

Les cheminots se préparent à descendre dans la rue pour bloquer la disparition de SNCF Fret.
Benoit Tessier
latribune.fr

Les cheminots se préparent à descendre dans la rue pour bloquer la disparition de SNCF Fret.
Benoit Tessier
Le conflit autour du démantèlement annoncé de Fret SNCF continue de se durcir. Comme annoncé dans La Tribune en début de semaine, la perspective d'une grève illimitée en décembre se confirme : tous les syndicats représentatifs de la SNCF ont déposé un préavis à partir du mercredi 11 décembre pour réclamer l'arrêt du processus de discontinuité - décidé par le gouvernement sous la pression de Bruxelles - qui touche la filiale de transport de marchandises du groupe, mais aussi protester contre les modalités de l'ouverture à la concurrence des lignes régionales.
Dans un communiqué commun, la CGT-Cheminots, l'Unsa-Ferroviaire, Sud-Rail et la CFDT-Cheminots expliquent que face au manque « d'inflexion » de la direction du groupe, la grève sera illimitée et reconductible par période de 24 heures à compter du mercredi 11 décembre à 19h00. Les syndicats réitèrent aussi leur appel à une grève du mercredi 20 novembre 19h00 au vendredi 22 novembre 08h00.
Concernant le démantèlement de Fret SNCF, les fédérations syndicales « réaffirment que la mise en place d'un moratoire est possible et nécessaire pour permettre aux différents acteurs de se remettre autour de la table, et trouver les voies permettant de garantir non seulement la continuité de Fret SNCF, mais aussi son développement sur le plus long terme ».
Fret SNCF, entreprise leader du fret ferroviaire en France, va disparaître le 1er janvier prochain pour renaître sous la forme de deux sociétés distinctes baptisées Hexafret pour le transport de marchandise et Technis pour la maintenance des locomotives. Cela s'accompagne du transfert de 23 lignes à la concurrence et du renoncement pour 10 ans aux activités de trains combinés, c'est-à-dire les plus rentables. Ce qui nécessite le transfert de 4.500 salariés vers les nouvelles sociétés, avec des pertes de garanties sociales, et le reclassement des 500 autres au sein d'autres branches du groupe.
Cette procédure de discontinuité fait suite à l'ouverture d'une enquête par la Commission européenne début 2023, sur le versement de 5,3 milliards d'euros d'aides d'Etat pour combler le déficit de la filiale fret du groupe SNCF.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Les syndicats dénoncent plus largement dans leur communiqué une « trajectoire de morcellement et de Balkanisation du réseau ». Depuis plusieurs semaines, ils pointent du doigt « la privatisation dans les activités TER, Transilien et Intercités » ainsi que « l'éclatement de SNCF Réseau » sous l'effet de l'ouverture à la concurrence.
Mi-décembre, les premiers cheminots de SNCF Voyageurs vont être transférés dans des filiales de la SNCF, créées pour répondre aux appels d'offres TER lancés par les régions qui ont décidé d'ouvrir leur réseau ferroviaire à la concurrence.
À lire également
Pour les syndicats, il s'agit d'une « stratégie de dumping social interne au groupe assumée, avec comme conséquence une atomisation des règles sociales dans les multiples PME du rail que la direction entend créer pour chaque lot ouvert à la concurrence ».
(Avec AFP)
latribune.fr