L’arrivée de Kevin Speed au Creusot, en Saône-et-Loire, marque une nouvelle étape pour le ferroviaire français en introduisant une stratégie low cost et industrielle.Depuis 2018 et la loi ouvrant à la concurrence le secteur ferroviaire, la France s'apprête à accueillir de nouveaux opérateurs du train à grande vitesse, un marché historiquement dominé par la SNCF. Selon Laurent Fourtune, président-fondateur de Kevin Speed, « le marché français de la grande vitesse est le plus grand d'Europe en volume, en nombre de passagers par an et en chiffre d'affaires. »
Désormais, la position de leader de la SNCF est mise à mal par l'émergence de nouveaux acteurs européens, tels que l'Italien Trenitalia, l'Espagnol Renfe, ou encore des start-up françaises comme Kevin Speed elle-même. La libéralisation du marché, amorcée en 2020, s'inscrit dans le cadre des réformes de l'Union européenne visant à ouvrir la concurrence pour favoriser la baisse des prix et améliorer la qualité du service. « Le gâteau est gros », souligne Laurent Fourtune, « et la France, avec ses lignes à forte densité, représente une opportunité majeure pour ces nouveaux entrants. »
Ce processus d'ouverture s'appuie sur un système d'accords-cadres, garantissant aux opérateurs l'accès au réseau ferroviaire français, tout en leur permettant d'investir dans des trains, des ateliers de maintenance et des infrastructures. « La concurrence va pousser la SNCF à se remettre en question, à améliorer ses services et à faire baisser ses tarifs, » explique-t-il. La croissance du trafic, avec un record de 67 milliards de passagers-kilomètres en 2024, témoigne de l'intérêt pour le ferroviaire, notamment dans un contexte post-pandémique où la conscience environnementale et la recherche d'économies favorisent ce mode de transport.
Une stratégie industrielle et territoriale
C'est dans ce contexte que Kevin Speed, nouvelle start-up française, créée par quatre personnes expérimentées du transport, a choisi le Creusot (Saône-et-Loire) au cœur d'un bassin houiller et d'une industrie sidérurgique et mécanique pour implanter une de ses bases d'exploitation. « La zone Coriolis, en face de la gare TGV du Creusot, a été retenue pour sa proximité avec la ligne Paris-Lyon, » précise Laurent Fourtune.