KLM n'envisage pas de quitter Air France-KLM : mais une rupture serait-elle possible ?
Fabrice Gliszczynski

Photo d'illustration
Reuters
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La compagnie aérienne KLM, filiale au même titre qu'Air France du groupe Air France-KLM, n'envisage pas de quitter le groupe, a indiqué ce mercredi son directeur général, Pieter Elbers.
Un porte-parole de KLM a confirmé à Reuters que ces citations étaient exactes.
Cette déclaration est intéressante quand on sait que le départ de KLM à terme est l'une des hypothèses à terme émises par de très bons connaisseurs du groupe. Une issue inéluctable selon eux, en raison des tensions qui existent entre KLM et le groupe depuis une dizaine d'années, et plus précisément depuis les difficultés économiques rencontrées par Air France. Aux yeux des Néerlandais, la piètre performance financière de la compagnie française fragilise le groupe et donc KLM. Ces difficultés sont en effet à l'origine des tensions sociales au sein d'Air France et de la valse des dirigeants observés au cours de la dernière décennie à la fois chez Air France et Air France-KLM. Pour autant, les difficultés d'Air France ont également mis en lumière la volonté d'autonomie de KLM qui a plutôt tendance à penser "KLM First" et de ne jouer la carte du groupe que quand cela l'arrange. Aujourd'hui, personne ne voit les relations entre les deux compagnies du groupe entre le groupe et KLM s'améliorer à l'avenir.
Au regard des liens très étroits noués par les deux compagnies depuis le rachart de KLM par Air France en 2004, notamment dans le domaine commercial, le scenario d'un départ de KLM semble improbable, mais les tenants de la théorie de la séparation estiment que le groupe fera un jour l'objet d'une offre pour sa filiale néerlandaise, qu'il sera obligé d'accepter. Sur le plan juridique, l'assentiment de la maison-mère est d'ailleurs la seule option. KLM ne peut pas claquer la porte du groupe si ses dirigeants en ont envie.
Aujourd'hui, il est difficile d'imaginer Air France-KLM, dans lequel l'Etat français joue un rôle prépondérant avec ses 14,3% dans le capial (et le double en droits de vote), accepter un jour un tel schéma, qui serait contraire aux intérêts d'Air France. Pour autant, l'an prochain l'Etat néerlandais, qui possède également 14% du capital depuis 2019, aura également des droits de vote double. Et les schémas d'alliances éventuelles avec les deux autres gros actionnaires, Delta et China Eastern (8,8% du capital et le double en droits de vote) seront bien sûr à surveiller, même s'il est difficile d'imaginer Delta et China Eastern vouloir défaire un jour un groupe dans lequel ils ont jugé stratégique d'investir.
Si tant est que l'idée de quitter un jour le groupe les traverse, les Néerlandais pourraient avoir tort d'espérer que l'herbe soit plus verte ailleurs. KLM, qui, faut-il le rappeler, a énormément profité du rapprochement avec Air France en 2004, aura du mal à trouver une alliance aussi bénéfique et aussi respectueuse de ses intérêts.
La constitution d'un nouveau groupe serait compliquée en raison du faible nombre de compagnies indépendantes et aurait du mal à faire l'impasse d'une alliance avec une low-cost. Quant à une
intégration au sein de IAG ou de Lufthansa -une hypothèse néanmoins peu probable au regard des règles de concurrence-, elle lui ferait perdre son leadership.Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Bref, Air France et KLM ont plutôt intérêt à s'entendre. Dans un marché mondial qui continuera de se consolider après la crise du coronavirus, l'appartenance à un groupe comme Air France-KLM capable de jouer un rôle de pilier européen au sein d'un système d'alliances mondial, est probablement la meilleure façon de garantir leur avenir. Comme l'on souvent répété les dirigeants d'Air France, le meilleur moyen d'apaiser les relations avec KLM est d'améliorer la performance financière d'Air France.
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On n'en est pas là aujourd'hui. L'heure est aujourd'hui à passer la crise. Le ministère des Finances néerlandais discute avec KLM d'un soutien financier. Pieter Elbers a déclaré mercredi qu'une injection de capital par l'Etat était une possibilité.
Fabrice Gliszczynski