Le métro de Londres et les trains britanniques paralysés par la plus importante grève depuis 30 ans

Face à l'inflation galopante, les salariés britanniques du secteur ferroviaire réclament une revalorisation des salaires. L'opérateur de métro Transport for London (TfL) recommande d'éviter de voyager dans la capitale londonienne ce mardi. La grève se poursuivra jeudi et samedi, mais les perturbations se feront sentir tous les jours jusqu'à dimanche, prévient TfL. Le pays fait face au "plus gros conflit sectoriel depuis 1989" et les grandes privatisations du secteur.

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Seulement 50% du réseau ferroviaire britannique sera opérationnel, de manière réduite, durant les jours de grève.
Seulement 50% du réseau ferroviaire britannique sera opérationnel, de manière réduite, durant les jours de grève. (Crédits : EDDIE KEOGH)

Le spectre de la grève générale plane sur le Royaume-Uni. Une grève des cheminots britanniques d'une ampleur inédite en 30 ans débute ce mardi qui pourrait entrainer la paralysie des transports ferroviaires du pays et affecter les déplacements de millions de personnes. Les cheminots britannique protestent contre le gel des salaires et des suppressions d'emplois. Alors que le mouvement concerne plus de 50.000 cheminots qui ont prévu de faire grève mardi, jeudi et samedi, il pourrait déboucher sur une action coordonnée avec d'autres industries (enseignants, personnels de santé, poste), selon les syndicats.

Seulement 50% du réseau ferroviaire britannique sera opérationnel, de manière réduite, durant les jours de grève. Autrement dit, une ligne sur deux est fermée et quatre trains sur cinq sont supprimés. Les employés du métro de Londres sont eux aussi appelés à débrayer et TfL, l'opérateur des transports de la capitale, recommande d'éviter de voyager ce jour-là. La grève se poursuivra jeudi et samedi, mais les perturbations se feront sentir tous les jours jusqu'à dimanche, avec des bus bondés en surface, prévient TfL.

L'inflation en cause

Si l'économie britannique s'est relevée de manière solide après la crise provoquée par la pandémie de Covid-19, la pénurie de main-d'oeuvre, les problèmes dans les chaînes d'approvisionnement, les soucis commerciaux post-Brexit et l'inflation laissent craindre une récession.

Outre-Manche, le gouvernement met en avant les aides supplémentaires accordées à des millions de foyers les plus pauvres. Mais comme dans les autres pays européens, il a du mal à éteindre l'incendie de l'inflation qui pèse lourdement sur les salaires. En avril, la hausse des prix atteignait 9% sur douze mois, soit un record de 40 ans.

En plus des salaires, le syndicat RMT dénonce la dégradation des conditions de travail et "des milliers de licenciements" prévus, selon lui, par la myriade de compagnies ferroviaires privées qui composent le secteur au Royaume-Uni.

Les entreprises du secteur doivent d'ailleurs faire face à la flambée des prix de l'électricité liée à la guerre en Ukraine par la Russie, forçant le pays à prolonger ses centrales à charbon.

L'Etat laisse le privé gérer le conflit

Le gouvernement doit se réunir mardi. "Les syndicats nuisent à ceux qu'ils prétendent aider", a jugé le Premier ministre Boris Johnson dans un communiqué, appelant à trouver "un compromis raisonnable pour le bien du peuple britannique et des travailleurs ferroviaires".

Le mouvement de grève "va apporter souffrance et chaos à des millions d'usagers", a déploré dans la foulée le ministre des Transports, Grant Shapps, devant le Parlement, critiqué tant par les syndicats que par l'opposition travailliste pour ne s'être pas lui-même assis à la table des négociations.

Mais "lors de telles discussions, c'est toujours à l'employeur et aux syndicats de se réunir et de négocier" et le gouvernement "n'est pas l'employeur", a rétorqué le ministre, qui a dit aussi vouloir introduire dans la législation britannique un service minimum en cas de mouvement social. Grant Shapps est aussi prêt à autoriser le recours à des intérimaires pour remplacer les salariés grévistes si le mouvement devait s'éterniser.

Le secteur a bénéficié de 16 milliards de livres de subventions pour l'aider face à la chute des recettes pendant la pandémie, rappelle encore le gouvernement.

L'exécutif peut néanmoins avancer son bilan en matière d'emploi. Malgré les pénurie de main d'oeuvre à la suite du Brexit, le taux de chômage a, en effet continué de reculer, de 3,7%, pour les trois mois achevés en mars, contre 3,8% en février.

(Avec AFP et Reuters)

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