Lufthansa, la justice allemande casse la grève des pilotes

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La justice allemande a ordonné mercredi la fin de la grève des pilotes de Lufthansa commencée mardi. La décision est hélas trop tardive pour restaurer le trafic mercredi, mais rebat les cartes dans le conflit acharné entre la direction et les pilotes depuis avril 2014. Saisi en appel par le groupe aérien, le tribunal du travail de l'Etat régional de Hesse (ouest), a jugé que la grève entamée mardi, la treizième depuis avril 2014, était illégale. Le tribunal a argué que l'objet de la grève orchestrée par Cockpit était (en plus des conditions de départ en préretraite) "le concept stratégique de Lufthansa", lequel "ne fait pas l'objet de négociations salariales avec le syndicat", et ne peut donc servir de prétexte à une grève selon les règles en vigueur en Allemagne. La veille le tribunal de Francfort avait indiqué l'inverse.
La décision est arrivée trop tard pour que Lufthansa puisse rétablir son plan de vol mercredi. La compagnie a annulé 1.000 vols intérieurs et moyen-courrier sur la journée, après les 84 vols long-courrier annulés la veille, et dans l'intérêt de "la sécurité des passagers" elle s'en tenait à ce programme, selon un communiqué. Lufthansa a indiqué que le trafic reprendrait normalement jeudi et s'est dit "prêt à reprendre à tout moment les négociations avec Cockpit".
Alors que le conflit avec les pilotes dure depuis 18 mois, Lufthansa ne s'était pas tournée vers la justice. Mais la perspective d'un nouvel hiver émaillé de grèves, comme la saison 2014/2015, et le blocage des négociations, ont conduit le groupe à durcir le ton. Les grèves à répétition ont sérieusement grevé ses finances Depuis le début de l'année, les grèves ont coûté une centaine de millions d'euros à la compagnie
Pour lutter contre la concurrence féroce des low-cost comme Easyjet et Ryanair et des compagnies du Golfe, le patron de Lufthansa Carsten Spohr a lancé une vaste réorganisation qui doit voir les vols intérieurs et européens de la compagnie Lufthansa passer sous la bannière de Germanwings, la compagnie à moindres coûts du groupe. La grogne est forte en interne contre ce projet baptisé "Wings", et dont les pilotes tout particulièrement craignent qu'il ne conduise à une dégradation de leur statut et leur rémunération.
Cockpit refuse de boucler les négociations sur la retraite sans mettre aussi le projet "Wings" sur la table, et de se soumettre à un arbitrage externe qui ne veut pas aborder le volet sur la stratégie. Lufthansa n'a toutefois aucune intention de revoir celle-ci, et surtout pas de se laisser en dicter les conditions par les pilotes.
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L'arbitrage par un tiers est une solution à laquelle les partenaires sociaux ont souvent recours en Allemagne quand leurs discussions sont dans l'impasse. Personnalités politiques et milieux économiques ont enjoint les deux parties de s'y soumettre, agitant le spectre de dommages importants causés à l'économie allemande.
Le porte-parole de Cockpit a refusé de commenter les conséquences du jugement pour la stratégie de négociation, et la possibilité pour le syndicat de mener de nouvelles grèves.
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