Privatisation d'ADP : l'Union des aéroports français dénonce les idées fausses

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(Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Lors de la présentation des résultats des aéroports français, Thomas Juin, le président de l'Union des aéroports français (UAF) a expliqué que l'État conservera un rôle prépondérant qu'ADP soit privatisé ou pas.

En examen à l'Assemblée nationale, le projet de privatisation d'ADP suscite la polémique de la part des opposants. Ils sont nombreux, certains par idéologie, d'autres par pure tactique politicienne. Interrogé à l'occasion de la présentation des résultats 2018 des aéroports français, Thomas Juin, président de l'UAF (l'Union des aéroports français, qui regroupe des opérateurs privés, publics et semi-publics), a déploré les « idées fausses » qui circulent sur le sujet, lesquelles révèlent à ses yeux « une méconnaissance de ce secteur très complexe et très réglementé».

L'État aura toujours un rôle prépondérant

Pour lui, les aéroports sont d'une manière générale des actifs stratégiques dans la « mesure où ils tiennent un rôle essentiel dans la vie des territoires ». Pour autant, qu'ADP soit demain privatisé ou pas, ne changera pas grand-chose à ses yeux. « L'État sera toujours omniprésent sur les aspects stratégiques. Dire que l'on cède les frontières au privé est inexact. Elles sont sous le contrôle exclusif de l'État, que l'aéroport soit géré par un opérateur public ou par un opérateur privé. C'est la même chose pour la sécurité de l'aéroport, le contrôle aérien, la certification (qui autorise l'aéroport à fonctionner), la partie environnementale; bref, pour tout ce qui est stratégique et régalien, l'État restera omniprésent comme il l'est sur tous les aéroports », a-t-il dit, en marge de la publication d'une hausse du trafic aérien français de 4,8% en 2018, permettant de franchir la barre symbolique des 200 millions de passagers. Ceci avec un nombre de mouvements d'avions quasi-identiques (+0,6%).

Pour Thomas Juin, la question qui se pose pour l'État est de savoir s'il veut empocher un gros chèque immédiatement ou recevoir chaque année des dividendes de la part d'ADP. Il note qu'en Europe, la tendance est à l'introduction des capitaux privés dans les aéroports. « Ils ont doublé depuis 2010 », assure-t-il, « pour permettre d'investir dans l'extension des capacités aéroportuaires.»

"Pas d'inflation des redevances"

Autre idée fausse, selon le président de l'UAF, la forte hausse des redevances aéroportuaires qui pourraient être facturées aux compagnies aériennes en cas de privatisation d'ADP. Pour lui, le contrat de régulation économique qui est homologué par l'État permettra de contrôler les tarifs. Pour certains partisans de la privatisation, la régulation sera plus forte demain qu'aujourd'hui.

Surtout, pour Thomas Juin, une privatisation d'ADP aura le mérite de clarifier les choses au niveau de l'État-régulateur. Ce dernier est, depuis des années, accusé par les compagnies aériennes de prendre des mesures favorables à ADP (en termes de redevances) pour doper sa performance et les dividendes à la clé. Une fois ADP privatisé, l'État n'aura plus d'intérêt financier à agir ainsi, estiment les partisans de la privatisation.

« L'État sera d'autant mieux placé pour être un bon régulateur s'il reste neutre », fait valoir Thomas Juin. « Son rôle est d'être un bon régulateur, de garantir la connectivité et d'encourager les investissements. Qui se plaint aujourd'hui de la connectivité des aéroports de Nice et de Lyon [privatisés il y a deux ans, Ndlr]? », a-t-il ajouté.

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Commentaires
a écrit le 15/03/2019 à 10:30 :
Imaginons un instant qu’une très haute autorité gagnant un très gros salaire envisage de s’acheter un beau manoir. Il va dans une banque qui lui prête une montagne d’euros, ce qui lui fait désormais une dette monstrueuse. Hors, de lassitude après avoir acheter sa propriété, au lieu de poursuivre ses hautes activités pour « chaluter » un max et honorer sa signature, cette personne décide de tout plaquer et d’aller sac à dos sur les chemins. Que fera la banque à votre avis ? Et bien cette personne c’est la France qui possède une dette monstrueuse gagée sur un solide patrimoine d’état, que se passera t-il lorsque ce patrimoine deviendra symbolique – Bref, que nos brillants je devrais dire clinquants énarques gèrent le patrimoine de la maison France, ou s’en aillent.
a écrit le 15/03/2019 à 9:52 :
L'Etat a bien raison de vouloir larguer ADP : a) c'est très cher en bourse, b) ça donne un dividende minable, et, c) les tarifs devront baisser si on veut qu'Air France soit plus compétitif.
a écrit le 15/03/2019 à 8:17 :
Vous rendez-vous compte, vous tous qui lisez la Tribune, que l'etat compte ceder sous forme de "concession" ADP pour une periode de 70 ans !
a écrit le 15/03/2019 à 7:38 :
Comme pour les autoroutes, on nous invente des excuses, une fois que le doigt est passé dans la machine infernale, le reste du bras suit!

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