Selon nos informations, lors du vote sur la proposition d'ADP d'augmenter les redevances de 2,12% l'an prochain, Air France s'est abstenue. L'an dernier, la compagnie aérienne demandait une baisse des redevances sur trois ou quatre ans.
Incroyable. Alors qu'elle ne cesse de s'insurger contre la cherté des redevances aéroportuaires et des taxes spécifiques au transport aérien français pour expliquer son retard de compétitivité par rapport à ses concurrents, Air France n'a pas voté contre la proposition de hausse tarifaire d'ADP, le gestionnaire des aéroports parisiens de Roissy-Charles de Gaulle et d'Orly, pour l'année 2016, selon nos informations.
Hausse des redevances de 2,12% en 2018
Selon la Chambre syndicale du transport aérien et la Chambre syndicale de l'assistance en escale, ADP a proposé une hausse des redevances de 2,12% en 2018 lors de sa dernière Commission consultative économique qui regroupe d'autres associations professionnelles comme la Fédération nationale de l'aviation marchande (Fnam), le Syndicat es compagnies aériennes autonomes (Scara), le Board Airlines Representatives (BAR), et des compagnies présentes de manière individuelle - Air France, FedEx ou encore easyJet.
Air France s'abstient mais demandait l'an dernier une baisse
Selon des sources concordantes, cette proposition a fait l'objet d'un refus de la part de la quasi-totalité des représentants des compagnies aériennes à l'exception d'Air France et de FedEx. Ces deux dernières n'ont pas voté "contre" mais se sont abstenues. Une abstention est quasiment interprétée dans ces instances comme un vote favorable. Il est fort probable que l'ASI, l'autorité de supervision aéroportuaire, valide les tarifs d'ADP.
Interrogée, Air France n'a pas souhaité faire de commentaire.
La décision est pour le moins stupéfiante. L'an dernier à pareille époque, Air France tenait une ligne aux antipodes de celle d'aujourd'hui en demandant une baisse des redevances sur plusieurs années comme le faisait l'aéroport d'Amsterdam. La décision est d'autant plus étonnante aujourd'hui que se profilent les Assises du transport aérien où les compagnies devront batailler pour arracher du gouvernement des mesures d' amélioration de leur compétitivité.
Pas plus tard que la semaine dernière, lors d'une rencontre avec les journalistes de l'AJPAE (association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace), Franck Terner, le directeur général d'Air France, avait utilisé un ton pour le moins modéré sur le sujet des redevances, puisqu'il n'avait pas exprimé de manière explicite une volonté de les voir baisser .
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« Nous attendons des Assises des mesures pour une concurrence équitable (« fair competition ») et une amélioration de l'environnement des affaires (taxation, attractivité des plateformes parisiennes en termes de redevances et de fluidité). »
La position de la direction d'Air France risque de provoquer l'agacement des salariés de la compagnie, qui demandent une baisse des taxes et redevances.