Un seul pilote dans le cockpit : "On y travaille", dit Marc Rochet, le boss d'Air Caraïbes et French Bee
Fabrice Gliszczynski
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Ce lundi 21 juin dernier, lors du Paris Air Forum, les propos tenus par Marc Rochet, le directeur général d'Air Caraïbes et président de French Bee, sont passés inaperçus. Pourtant, ils font l'effet d'une bombe au sein du transport aérien français.
Lors du débat intitulé "Hub ou point-à-point : quels modèles et quels avions pour demain ?", auquel il participait aux côtés d'Eric Schulz, ancien président de Rolls Royce Aviation, ancien directeur commercial d'Airbus et président de SHZ Consulting, et Pierre Vellay, ancien directeur de la flotte d'Air France et président de New & Next Consulting, Marc Rochet s'est en effet exprimé en faveur du monopilotage, un sujet hyper sensible sur le plan social qui irrite les pilotes.
A l'étude ces dernières années, ce projet n'a pas été remis en cause par la crise. Bien au contraire. Il se retrouve à nouveau sous les feux des projecteurs depuis que l'agence Reuters a dévoilé mi-juin les travaux menés par Airbus et Cathay Pacific pour lancer d'ici à 2025 des vols long-courriers à "équipage réduit". C'est à dire avec un seul pilote dans le cockpit, sauf pendant les phases du décollage et d'atterrissage, alors qu'ils sont aujourd'hui en permanence au moins deux dans le cockpit des vols long-courriers, avec, pour les vols les plus longs, un troisième, voire un quatrième pilote en renfort.
Dans le projet Single Pilot Operations (SPO) d'Airbus, le pilote au repos pendant la phase de croisière pourrait venir en aide à son collègue dans le cockpit en cas de problème. Les deux pilotes seraient en revanche tous deux présents au décollage et à l'atterrissage. Un projet que soutient Marc Rochet.
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"Un seul pilote ? Je vais peut-être dire quelque-chose de choquant, a déclaré Marc Rochet. Mais en court ou moyen-courrier, la décision est déjà prise. On sait bien les coûts qui sont derrière tout cela, les progrès du monde digital, on sait bien qu'on n'arrête pas ce genre d'évolution (...). On ne voit pas pourquoi, aujourd'hui, sur un avion qui fait Paris-Toulouse, il faut deux pilotes dans un avion moderne, conçu pour cela. Et sur un avion qui va de Paris à Los Angeles, quelle est la raison d'avoir trois équipages (pilotes, NDLR) alors que l'on sait que sur 10 heures de vol, un seul dans le cockpit, cela suffit largement. Deux équipages, ça sera la norme du long-courrier demain. Oui, ça sera difficile et délicat. Il y a beaucoup de projets. Il y a quelqu'un qui le fera dans le monde et il faudra bien suivre, donc autant être devant".
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Fabrice Gliszczynski
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