Bolloré en garde à vue, l'action du groupe plonge, la Guinée nie tout

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Bollore reclame 13 millions d'euros au csa
Jean-Paul Pelissier

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Bollore reclame 13 millions d'euros au csa
Jean-Paul Pelissier
[Article publié le mardi 24 avril 2018 à 11h31, mis à jour avec cours de Bourse à 14h42 et communiqué du groupe Bolloré, à 15h18 avec communiqué de la Guinée et révélation par "Le Monde" de l'identité des autres dirigeants entendus]
L'homme d'affaires Vincent Bolloré a été placé en garde à vue concernant les conditions d'obtention de concessions en Afrique par le groupe Bolloré dont il est Pdg, rapporte le quotidien Le Monde. Le milliardaire breton, qui a créé la surprise il y a quelques jours en renonçant à la présidence du conseil de Vivendi, est auditionné depuis ce mardi 24 avril au matin à Nanterre (Hauts-de-Seine) par les policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), a-t-on précisé de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.
En avril 2016, les juges enquêtaient déjà et La Tribune s'était fait l'écho de l'investigation menée par Le Monde sur cette affaire de corruption possible dans les activités africaines du groupe Bolloré.
Le quotidien ajoute que l'entrepreneur est placé en garde à vue dans le cadre d'une information judiciaire ouverte notamment pour "corruption d'agents publics étrangers" concernant les conditions d'obtention de concessions en Guinée et au Togo.
La justice soupçonne des dirigeants de la société d'avoir utilisé le groupe de communication Havas, alors contrôlé par Bolloré, pour faciliter l'arrivée au pouvoir de dirigeants africains afin d'obtenir en contrepartie des concessions portuaires dans ces deux pays.
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On surveillait donc depuis ce matin l'effet de cette annonce sur le cours de Bourse des différentes entités dont le milliardaire est propriétaire. Ce matin à 11h30, on constatait peu d'effets sur l'action Vivendi, dont Vincent Bolloré est le premier actionnaire: le cours chutait de seulement 0,90% à la Bourse Euronext de Paris. Après quelques cahots, elle se retrouvait au même niveau aux alentours de 15 heures.
En revanche, l'action du groupe Bolloré amorçait un plongeon dès 11 heures puis continuait à dégringoler jusqu'à environ -8% pour revenir vers 15 heures à -5,33%, à 4,23 euros.
Si ce matin personne n'avait pu être joint dans l'entourage du dirigeant pour commenter l'information du Monde, le groupe Bolloré finalement, publiait en début d'après-midi un communiqué qui confirmait l'audition de plusieurs de ses dirigeants sans les nommer. Mais Le Monde dévoilait, peu après, l'identité des autres cadres du groupe également en garde à vue ce mardi : le directeur général du groupe Bolloré, Gilles Alix, et Jean-Philippe Dorent, responsable du pôle international de l'agence de communication Havas.
Toujours dans son communiqué, le groupe Bolloré a nié toute irrégularité:
Le communiqué se poursuit ainsi :
Puis ce mardi en début après-midi, en réaction à l'audition sur le territoire français de Vincent Bolloré par l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), le ministre porte-parole du gouvernement guinéen, Damantang Albert Camara, déclara que la concession accordée au groupe Bolloré pour le port de Conakry était strictement conforme à la loi.
La justice française s'intéresse notamment aux conditions de reprise par le groupe Bolloré de la concession du port de Conakry et de la gestion d'un terminal à conteneurs du port de Lomé, au Togo.
Selon Reuters, on ajoutait, dans l'entourage du président Alpha Condé, que "la Guinée n'est pas concernée par ces allégations, qui n'ont aucun sens."
Sur les affaires réalisées par les sociétés du groupe Bolloré en Afrique, deux journalistes avaient enquêté et produit un documentaire intitulé " intitulé "Vincent Bolloré, un ami qui vous veut du bien" diffusé par France 2 dans le cadre de l'émission "Complément d'enquête". Pour mémoire, en juillet 2016, le groupe Bolloré, dénonçant "une volonté avérée de lui nuire en le dénigrant gravement" à travers une émission "totalement à charge", avait annoncé qu'il réclamait 50 millions d'euros à la chaîne télévisée France 2, pour avoir rediffusé un "Complément d'enquête" consacré à son patron Vincent Bolloré.
Environ un an après, les journalistes Tristan Waleckx et Mathieu Rénier, auteurs de ce documentaire, ont reçu la plus haute récompense en terme de journalisme : le prix Albert-Londres 2017 (catégorie audiovisuelle).
Enfin, il faut savoir que le groupe Bolloré n'aime pas du tout qu'on s'intéresse à ses activités, africaines notamment. Quand ce sont des juges, il n'y peut rien, quand ce sont des journalistes qui enquêtent pour l'information de tous, ils sont presque systématiquement poursuivis en justice. Lire à cet égard cet article de Télérama, daté du 24 janvier 2018:
Télérama écrit que "ces poursuites systématiques visent à faire pression, à fragiliser financièrement, à isoler tout journaliste, lanceur d'alerte ou organisation qui mettrait en lumière les activités et pratiques contestables de géants économiques comme le groupe Bolloré. Objectif : les dissuader d'enquêter et les réduire au silence, pour que le « secret des affaires », quand celles-ci ont des conséquences potentiellement néfastes, demeure bien gardé. C'est l'intérêt général et la liberté d'expression qui sont ainsi directement attaqués."
À lire également
La réponse de Tristan Waleckx et Mathieu Rénier à la volonté de restriction de l'information a été de mettre leur documentaire à la disposition de tous, gratuitement, et dans son intégralité. [VIDEO intégrale ci-dessous ] >>
(avec Reuters et AFP)
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