Caen aménage un périph’ pour les vélotafeurs

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Un premier tronçon de 4,5 kilomètres est ouvert depuis le printemps 2019 au sud de la ville.
Un premier tronçon de 4,5 kilomètres est ouvert depuis le printemps 2019 au sud de la ville. (Crédits : Caen-la-mer)
Prenant modèle sur Amsterdam et Copenhague, la communauté urbaine de Caen-la-mer construit un anneau cyclable tout autour de la ville centre pour faciliter les déplacements des travailleurs entre les quartiers intra-muros et extra-muros.

Sur cette voie express là, la voiture est non grata et le deux roues roi. Déjà forte d'un réseau cyclable de 130 kilomètres, la communauté urbaine de Caen s'est lancée depuis deux ans dans la construction d'un « périph' vélo » (sic). Comme son nom l'indique, l'infrastructure prendra la forme d'un anneau d'une quinzaine de kilomètres qui, à terme, encerclera toute la ville. Objectif : connecter entre elles les pistes qui traversent l'agglomération de part en part et, au passage, encourager une pratique plus systématique du vélo dit utile.

 « Tout est parti d'une étude montrant la densité des échanges domicile travail sur les pénétrantes allant du centre aux communes périphériques et inversement », rappelle Nicolas Escach, maire adjoint à la ville durable.

Premiers tours de roue

Suite à l'adoption d'un schéma cyclable communautaire, un premier tronçon de 4,5 kilomètres a vu le jour au printemps 2019 sur une ancienne voie ferrée au Sud de la ville centre. Cette demie boucle, déjà fréquentée par près de trois mille cyclistes les jours de pointe, sera complétée d'ici l'automne par une portion d'un peu plus de 500 mètres dont l'aménagement vient de débuter moyennant un investissement de 705.000 euros.

Comme celle qu'elle prolonge, la nouvelle piste , sera bidirectionnelle et équipée, à intervalles réguliers, de stations de gonflage et de totems indiquant les temps de trajet jusqu'aux localités avoisinantes. Des bornes de recharge pour les batteries devraient également être installées. Pas un luxe superflu pour Nicolas Escach : « Les statistiques montrent que les vélotafeurs effectuent des trajets de plus en plus longs, certains viennent d'Ouistreham (à 15 km ndlr) ».

Changement de braquet

L'équipe municipale espère avoir achevé les derniers kilomètres du périph' avant la fin du mandat. L'échéance dépendra largement de l'achèvement de plusieurs projets urbains structurants. Cet ultime maillon reliera, en effet, le nouveau centre hospitalier universitaire qui doit sortir de terre d'ici 2026 et le futur grand quartier dit de la presqu'île (300 hectares) sur les rives de l'Orne dont l'aménagement a été pensé en conséquence. « Conformément aux préceptes de l'urbanisme tactique, la question des mobilités douces a été réfléchie bien en amont des constructions proprement dites », se félicite le maire adjoint.

D'ici là, Caen-la-mer, qui a multiplié par dix le budget voué à la petite reine porté à 18 millions d'euros sur la durée de la mandature, poursuit une stratégie offensive dans l'idée d'atteindre un report modal de l'ordre de 6% à horizon 2030, trois fois ce qu'il était lors de la dernière enquête de déplacements en 2010.

"L'objectif n'est pas de se limiter aux infrastructures mais de déployer ce que les spécialistes appellent un système vélo complet qui prenne en compte les enjeux de stationnement et de services aux usagers", explique Nicolas Joyau, vice-président mobilités de la communauté urbaine.

Une cour de vélo-école a ainsi vu le jour récemment pour inciter les caennais jeunes et moins jeunes à se mettre en selle. En parallèle, plusieurs abris sécurisés ont été construits et le service de location de deux roues électriques élargi à l'ensemble des communes de l'agglomération de même que les aides à l'acquisition.

Ce changement de braquet a valu à la cité de Guillaume Le Conquérant de figurer à la troisième place des villes les plus cyclables de France de sa catégorie (100.000 à 200.000 habitants) dans le dernier palmarès de la Fédération des Usagers de la Bicyclette.

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Commentaires
a écrit le 03/03/2021 à 14:42 :
Vivement que ces villes se rendent compte également de l’importance d'avoir une possibilité de les traverser du Nord au Sud et de l'Est en Ouest sans un grand périphérique et sans pouvoir atteindre le centre ville via des tunnels par exemple ou un quelconque autre moyen de contournement pour éviter les centres villes et les périphériques surcharger... Éliminer de ces routes les véhicules qui transitent sans s'arrêter libéreraient beaucoup de place pour les autres. Faire un Orléans Lille avec 1H de bouchon a cause des embouteillages Parisien est anormal a notre époque le problème est la même a Bordeaux, a Lyon et tout ces grandes métropole qui pense au moment présent et pas a leur agrandissement qui posera problème a tous qu'on y vive ou non...
a écrit le 02/03/2021 à 14:44 :
Excellent !

Si seulement cela pouvait être généralisé à la plupart de nos villes…

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