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COP26 : le projet d'accord final acte l'échec de voir les pays réhausser leur contribution à Glasgow

latribune.fr

Publié le 10 novembre 2021 à 13:20 - Mis à jour le 10 novembre 2021 à 13:47

Cop26: le projet britannique de document final exhorte a des objectifs climatiques plus ambitieux

Le projet d'accord final appelle ainsi les Etats à délivrer leurs nouvelles contributions d'ici la 27e COP, en novembre 2022. Soit dans un an. Mais aussi, trois ans avant la nouvelle échéance prévue en 2025.

YVES HERMAN

Le Quotidien Numérique

16 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le projet d'accord final de la COP26, dévoilé ce jour par la présidence britannique, pourrait bien acter le peu d'avancées pourtant attendues dans les contributions nationales de réductions des émissions de CO2, l'une des priorités de la réunion écossaise, même s'il reste trois jours de négociations entre les pays.

Lors de son discours à rallonge à Glasgow, Emmanuel Macron exhortait les États qui émettent le plus d'émission de CO2 à revoir à la hausse leurs ambitions climatiques dans leurs contributions nationales. Le chef de l'État conditionnait notamment la réussite de cette conférence des partis visant à appliquer les Accords de Paris à leurs capacité à réévaluer leurs stratégies nationales. Le projet d'accord final de la COP26, dévoilé ce jour par la présidence britannique, pourrait bien signer l'échec de ces ambitions, même s'il reste trois jours de négociations entre les pays.

A LIRE | COP26 : la France est-elle aussi exemplaire que l'affirme Emmanuel Macron ?

Le draft semble en effet acter l'incapacité des grandes puissances concernées a hausser leur objectif de réduction d'émission, du moins pour cette session, comme espérés par certains. Le projet d'accord final appelle ainsi les Etats à délivrer leurs nouvelles contributions d'ici la 27e COP, en novembre 2022. Soit dans un an. Mais aussi, trois ans avant la nouvelle échéance prévue en 2025.

Retard sur les contributions nationales

L'accord de Paris prévoit en effet la révision tous les cinq ans des "contributions nationales" des pays en matière d'émissions. La première échéance après l'accord de Paris arrivant, chaque Etat doit remettre à l'Onu avant la fin de l'été sa contribution déterminée au niveau national (CDN), décrivant les efforts prévus à son échelle. Et ce, afin d'entrer dans un deuxième cycle plus vertueux. Les experts attendaient de la COP26 un moment fort pour enregistrer ces nouvelles contributions, mais pour le moment, les objectifs ne sont pas atteints. L'avancée du calendrier pour délivrer les troisièmes CDN en 2022 au lieu de 2025 a donc vocation à booster ce retard.

Pour Jennifer Morgan, directrice de Greenpeace international, "il ne s'agit pas d'un plan pour régler la crise climatique mais d'un accord pour croiser les doigts en espérant que ça va aller. Une demande polie aux pays de si possible, peut-être, faire plus l'an prochain. Ce n'est pas assez".

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Selon les dernières estimations de l'Onu données mardi, les nouveaux engagements climatiques à l'échéance 2030 de certains Etats, juste avant ou au début de la COP, ne devraient entraîner aucun changement de la trajectoire de température vers un réchauffement "catastrophique" de +2,7°C d'ici la fin du siècle.

La trajectoire actuelle ne sauve pas le +1,5°C

Les prévisions mises à jour mardi par le PNUE, qui évaluent les objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet serre de quelque 150 Etats pour 2030 ne changent pas vraiment la donne. Les engagements pour 2030 des deux dernières semaines représenteraient 0,5 gigatonne (gt) d'équivalent CO2 d'émissions en moins en 2030, mais il faudrait ajouter à cela 27 gt pour limiter le réchauffement à +1,5°C, objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris.

De ce fait, les objectifs à 2030 révisés n'entraînent aucun changement de la trajectoire de température: +2,7°C d'ici la fin du siècle, selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Si l'on prend en compte les promesses de neutralité carbone aux environs du milieu du siècle de plus de 70 Etats représentant trois quarts des émissions mondiales, la trajectoire montre une légère amélioration: +2,1°C, contre +2,2°C.

Lors de la COP26, une trentaine de pays ont mis sur la table de nouveaux engagements, à court ou à long terme, notamment le Brésil ou encore l'Inde qui s'est engagée à la neutralité carbone pour 2070. Des annonces que les observateurs avaient souvent jugées significatives. Mais "quand on regarde ces nouveaux engagements, franchement, c'est la montagne qui a accouché d'une souris", a déclaré mardi la patronne du PNUE Inger Andersen.

L'Australie continuera à exporter du charbon

Avant la COP26, 145 contributions révisées (pour le deuxième cycle 2020-2025) ont été soumises. L'Australie, l'un des plus gros exportateurs mondiaux de charbon, était attendu au tournant. Ce pays, ainsi que l'Arabie saoudite, ont annoncé des objectifs neutralité carbone sans toutefois détailler le plan de mise en œuvre et des émissions allant massivement dans la mauvaise direction. Pour un haut diplomate cité par l'AFP, "la plupart des promesses de neutralité carbone sont vides".

L'Australie a affirmé lundi 8 novembre qu'elle continuera à vendre du charbon pendant "des décennies". Elle avait précédemment rejeté un accord visant à abandonner progressivement ce combustible fossile polluant afin de limiter le changement climatique.

Pas d'avancée significative pour l'aide financière aux pays pauvres

Sur un autre dossier brûlant de la conférence, le texte intermédiaire d'accord final "relève avec regret" l'incapacité des pays développés à tenir leur promesse de mobiliser à compter de 2020 quelque 100 milliards d'aide financière climatique annuelle aux pays pauvres, souvent les moins pollueurs mais les plus exposés aux ravages du changement climatique.

Le texte ne propose cependant pas de solution claire pour remplir cet objectif, que les pays riches assurent désormais pouvoir remplir à partir de 2023, selon un nouveau "plan de livraison".

A LIRE AUSSI | Climat: le financement des pays du Sud, la question à 100 milliards de la COP26

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Enfin, le texte encourage également les pays à "accélérer la sortie du charbon et des financements pour les énergies fossiles", responsables de la plupart des émissions. Cette mention des énergies fossiles est inédite, puisqu'elle ne figurait même pas dans l'accord de Paris, qui fait aujourd'hui référence

latribune.fr

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