COP26 : Pourquoi la fin du charbon est impossible sans l’aide des pays développés
Marine Godelier
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L'équation semble inextricable : alors que les dix plus grandes puissances charbonnières restent engluées dans ce combustible fossile extrêmement polluant, toutes promettent désormais d'atteindre la neutralité carbone au cours du siècle. En résulte, au coeur de la COP26 de Glasgow, un paradoxe vertigineux entre la clarté de la cible affichée par les pays - même si les échéances diffèrent -, et le flou persistant sur les chemins à emprunter vers ce sevrage obligé. Car si la physique est une science exacte, les stratégies déployées par les Etats pour répondre à l'urgence environnementale, elles, ne répondent pas aux mêmes règles. Ces derniers doivent intégrer leurs problématiques économiques, financières et sociales, parfois en contradiction directe avec la préservation du climat.
En témoigne la décision de Pékin de doper son extraction de houille en pleine COP26, malgré l'engagement récent du président, Xi Jinping, d'atteindre la neutralité carbone en 2060. Rudement touché par la pénurie de matières premières, le pays n'a tout simplement pas trouvé meilleure solution pour résoudre la crise de l'énergie, qui menace son économie à bien plus court terme qu'un dérèglement planétaire à venir. Un signal terrible, alors que la Chine représente à elle seule plus de la moitié de la consommation mondiale de charbon.
Quant à l'Inde, jusqu'ici murée dans un silence embarrassant, ses dirigeants n'ont couplé leur promesse à la COP26 de neutralité carbone d'ici à 2070 d'aucune stratégie concrète d'éloignement de ce combustible, alors qu'il alimente toujours près de 70% de son électricité. Bref, principe de réalité oblige, la fin du règne du king coal, à l'origine de 30% de la consommation mondiale d'énergie primaire pour 44% des émissions de gaz à effet de serre liées à la combustion, n'est pas pour demain.
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En la matière, les rencontres internationales, telle la COP26, continuent de concentrer les espoirs. Pourtant, la réunion du G20 à Rome le week-end dernier a donné le ton : les dirigeants des pays les plus riches ne se sont accordés sur aucun plan d'action précis, si ce n'est la fin des crédits à l'export des centrales à charbon. Saluée par Emmanuel Macron, cette « avancée » n'en est en fait pas une, puisque la décision avait déjà été prise - en premier lieu par la Chine. Pour cause, celle-ci a conscience du « manque de rentabilité future » de ces investissements à l'étranger, estime le spécialiste des questions de géopolitique de l'environnement François Gemenne. Reste qu'en parallèle, sa consommation nationale de houille continue d'augmenter, après une légère inflexion liée à la pandémie en 2020.
Marine Godelier