Dérogation pour les néonicotinoïdes : la riposte politique s'organise

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Photo d'illustration. Le projet de loi prévoit des dérogations pour la filière de la betterave, particulièrement touchée cette année par le virus de la jaunisse.
Photo d'illustration. Le projet de loi prévoit des dérogations pour la filière de la betterave, particulièrement touchée cette année par le virus de la jaunisse. (Crédits : Heinz-Peter Bader)
Le mouvement politique Génération écologie lance ce mercredi une campagne contre le projet de loi. Le gouvernement a choisi le même jour pour annoncer que les dérogations seraient réservées à la culture de la betterave.

[Article publié le 02/09 à 15h09, mis à jour le 02/09 à 18h24]

Génération écologie (GE) a lancé ce mercredi une campagne "contre le projet de loi remettant en cause l'interdiction des néonicotinoïdes", dont la "toxicité" a des "conséquences monstrueuses" sur l'environnement, et accuse le gouvernement d'"obscurantisme".

La dérogation pour cet insecticide est "le plus grave recul en matière de protection du vivant depuis des années", a affirmé Delphine Batho, présidente du mouvement, lors d'une visioconférence de presse tenue à la veille de la présentation, jeudi, du projet de loi sur ce dossier en conseil des ministres.

Ce mercredi, le gouvernement a précisé que les dérogations seraient "réservées" à la culture de la betterave et ne pourront être étendues à d'autres cultures.

De source gouvernementale, on précise que la ré-autorisation, valable pour 2021, 2022 et 2023, sera soumise à un arrêté pris chaque année par les ministères de l'Agriculture et de l'Environnement.

Appel à la "mobilisation citoyenne"

L'ancienne ministre de l'Écologie soutient que "la réhabilitation des néonicotinoïdes par le gouvernement est basée sur un mensonge", alors que "1.221 études scientifiques" démontrent leur dangerosité. Selon elle, le gouvernement a pris sa décision "sous la pression des lobbys de l'industrie du sucre".

"L'enjeu est absolument vital", insiste GE. "La toxicité des néonicotinoïdes a des conséquences monstrueuses qui entraînent l'effondrement accéléré des pollinisateurs, des insectes, des oiseaux, impactent l'ensemble du vivant, y compris la santé humaine".

Il "appelle à une mobilisation citoyenne indispensable et urgente" par la diffusion d'une brochure intitulée "Neonicotinoïdes: quand c'est non, c'est non!" et "la création de collectifs citoyens avec des réunions publiques dans les territoires".

GE a également adressé une "lettre aux partis démocratiques et syndicats", les invitant à une réunion en visio-conférence le 9 septembre.

La betterave affectée par le virus de la jaunisse

Les planteurs de betteraves ont demandé de pouvoir utiliser les néonicotinoïdes pour s'attaquer aux pucerons verts, vecteurs du virus de la jaunisse qui fait s'effondrer les rendements cette année. Selon le gouvernement, il y a urgence à agir pour sauver le secteur qui en France, premier producteur de sucre européen, concerne 46.000 emplois.

Il prévoit une autorisation d'utilisation dès 2021 et jusqu'en 2023 maximum de ce pesticide, sous "conditions strictes".

Les néonicotinoïdes, qui s'attaquent au système nerveux des pollinisateurs comme les abeilles, essentiels à l'agriculture, ont été interdits de tout usage phytosanitaire en septembre 2018.

Lire aussi : Pesticides: les néonicotinoïdes multiplient par trois le déclin des pollinisateurs sauvages

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Commentaires
a écrit le 02/09/2020 à 16:55 :
Après des années de récoltes de miel mauvaises à passables, cette année est plus que correcte. Il y a suffisamment de problèmes dans nos ruches pour venir y rajouter à nouveau les néonicotinoïdes.
a écrit le 02/09/2020 à 16:22 :
Une véritable honte agro-industrielle

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