Éolien en baie de Saint-Brieuc : la région maintient son soutien à Ailes Marines

Le développement des énergies marines sur la côte bretonne continue de faire des vagues. Jouant la transparence, le conseil régional a fait le point avec Ailes Marines sur le projet de parc éolien en baie de Saint-Brieuc. Favorables au projet, les élus écologistes demandent que la région entre au conseil d’administration de l'entreprise. La droite et l’extrême-droite restent vent debout.

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Le groupement espagnol Navantia-Windar s'est installé sur les onze hectares du polder du port de Brest pour y fabriquer les pieds et les éléments soudés des fondations des 62 éoliennes d’Ailes Marines. À compter de 2022, l'entreprise Haizea-Fouré y assemblera les mâts des éoliennes. A Brest, ce chantier induit la création de plus de 250 emplois locaux.
Le groupement espagnol Navantia-Windar s'est installé sur les onze hectares du polder du port de Brest pour y fabriquer les pieds et les éléments soudés des fondations des 62 éoliennes d’Ailes Marines. À compter de 2022, l'entreprise Haizea-Fouré y assemblera les mâts des éoliennes. A Brest, ce chantier induit la création de plus de 250 emplois locaux. (Crédits : Région Bretagne)

Le Conseil régional de Bretagne a profité de la rentrée pour réaffirmer l'importance des énergies marines renouvelables pour l'autonomie énergétique du territoire et son soutien au projet de parc éolien construit par Ailes Marines en baie de Saint-Brieuc. Réunis le 6 septembre en inter-commission, les membres des commissions Économie et Climat, transitions et biodiversité ont auditionné les équipes de la filiale du groupe espagnol Iberdrola sur l'état d'avancement du projet.

Alors que le chantier a démarré en mai, l'implantation de 62 éoliennes au large de Saint-Brieuc suscite toujours des inquiétudes autour de la ressource et du respect de la biodiversité, voire de la colère chez les pêcheurs et certains opposants.

Dans la foulée de la pollution générée mi-juin durant les activités de forage du futur parc, Loïg Chesnais-Girard, le président du conseil régional, avait lui-même exigé de « l'exemplarité et de la transparence » de la part d'Ailes Marines.

9 % de l'électricité consommée après 2023

Sous la houlette de Daniel Cueff, vice-président de la région en charge de la mer et du littoral, les élus ont souhaité disposer d'éléments d'informations précis sur la gestion des incidents, les difficultés de forage survenues durant l'été et sur les actions mises en oeuvre pour les résoudre.

Ailes Marines a aussi été interrogée sur les impacts possibles des travaux sur la biodiversité marine et la ressource halieutique, sur la poursuite des concertations avec les pêcheurs et les acteurs locaux, et sur les retombées économiques en termes d'activités et d'emplois générés.

Les réponses apportées ont visiblement rassuré les élus. Renouvelant leur soutien au projet de parc éolien posé, ils ont aussi précisé qu'ils portaient une attention particulière à la préservation des espaces marins et de ses espèces.

« Lorsque j'ai repris le dossier cet été j'étais inquiet. Ce projet est exemplaire en termes de respect de la biodiversité, j'en ai la garantie. La région Bretagne soutient la création d'une filière d'excellence, économique et électrique dont le projet de Saint-Brieuc en est un emblème » a ainsi assuré Daniel Cueff.

Le futur parc, qui représente un investissement global s'élève à près de 2,4 milliards d'euros, est appelé à produire 9 % de l'électricité consommée en Bretagne, soit l'équivalent de la consommation annuelle de 835 000 habitants, chauffage compris.

Pour ses partisans, cette installation crédibilise, « à l'échelle mondiale, la filière bretonne des énergies marines renouvelables ». Le chantier devrait générer 1.500 emplois directs en France, dont 500 en Bretagne, notamment sur le site portuaire de Brest.

Gestion du projet centralisée par l'État

Alors que des élus locaux dénoncent en parallèle la régularité du marché, le conseil régional prévoit d'auditionner régulièrement Ailes Marines en inter-commissions. La collectivité affirme aussi vouloir participer au comité de suivi présidé par le préfet. Une manière pour elle de reprendre la main, ainsi que le demandent les élus écologistes.

Avant la première session d'octobre, les groupes Breizh a-gleiz et Les Écologistes de Bretagne (EELV, UDB, ESNT) ont effectué leur rentrée médiatique en fixant leurs priorités. Les deux groupes issus de la liste Bretagne d'Avenir, emmenée par Claire Desmares-Poirrier, se mobilisent davantage sur la question de la vie démocratique et sur les dossiers de l'eau, du foncier et des algues vertes, que contre le projet de parc éolien.

Ils réclament toutefois que « la région Bretagne joue un rôle majeur dans la reprise du dialogue et qu'elle puisse entrer, dans sa diversité politique, au conseil d'administration d'Ailes Marines. La gestion centralisée du projet par l'État, interlocuteur privilégié sinon unique d'Iberdrola, n'a pas permis le consensus initial. »

La droite au chevet des pêcheurs et de la biodiversité

Selon eux, le projet doit aller à son terme. « L'éolien terrestre comme maritime représente un moyen essentiel de réaliser la transition écologique », martèle Claire Desmares-Poirrier. L'élue régionale fustige au passage « l'opportunisme politique » de la droite et du Rassemblement national, devenus les premiers opposants au projet. Pas convaincus par les réponses « caricaturales » délivrées par Ailes Marines en inter-commission, les deux groupes ont appelé à une audition avec les pêcheurs et les élus locaux. Sans succès.

Pour Isabelle Le Callenec, cheffe de file de la droite et du centre au Conseil régional, le chantier est bien mal parti. « 300 pêcheurs pêchent à cet endroit-là. Ils alertent et ont le sentiment de ne pas être entendus, voire d'être méprisés. Tout cela pose beaucoup de questions » regrette l'élue, citée dans un récent entretien accordé au quotidien Ouest-France. Dialogue de sourds autour de la politique énergétique de la Bretagne ?

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