L'Allemagne lance sa sortie du charbon

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(Crédits : Michaela Rehle)
L'abandon par l'Allemagne du charbon, énergie bon marché à l'origine de son développement industriel, est compliqué par la décision prise en 2011 de sortir du nucléaire d'ici 2022.

L'Allemagne s'est dotée jeudi d'un calendrier et a prévu des indemnités pour l'arrêt de ses centrales à charbon, étape importante vers l'abandon de cette énergie très polluante entre 2035 et 2038.

Après des mois de négociations, sous la pression croissante des défenseurs du climat, "la sortie progressive du charbon débute maintenant", s'est félicitée la ministre de l'Environnement, Svenja Schulze.

Le gouvernement et les quatre Etats-régions qui abritent les bassins miniers - Rhénanie du Nord-Westphalie, Brandebourg, Saxe et Saxe-Anhalt - se sont mis d'accord sur un échéancier et un cadre d'indemnisations.

Plus de 4 milliards d'indemnités

L'ensemble doit être formalisé dans un projet de loi soumis le 29 janvier au conseil des ministres, pour une adoption espérée "au premier semestre 2020", selon le ministère de l'Economie.

Berlin a promis 4,35 milliards d'euros d'indemnités, réparties "sur une quinzaine d'années suivant les fermetures" parmi les exploitants de centrales à charbon. 2,6 milliards ont été attribués au géant allemand RWE, qui opère les centrales du bassin rhénan, dans l'Ouest - un montant "bien en dessous des dommages" évalués à plus de 3,5 milliards d'euros, a déploré le groupe.

Chez le fournisseur d'électricité, 3.000 emplois seront supprimés "à court terme" et 6.000 d'ici 2030, notamment à travers des départs anticipés à la retraite, soit une réduction de 60% des effectifs dans la branche lignite et un quart des effectifs du groupe.

1,75 milliard reviendra aux centrales de l'Est, a détaillé le ministre des Finances Olaf Scholz. Mais la facture pourrait encore gonfler, puisque M. Scholz n'a évoqué que les fermetures "dans les années 2020", sans parler des ultimes mises à l'arrêt des années 2030.

 "Trop tard !"

Comme annoncé il y a un an, l'Allemagne vise un abandon du charbon au plus tard en 2038 mais pourrait "avancer de trois ans" cette échéance pour viser 2035, en fonction des bilans d'étape menés en 2026 et 2029.

"La sortie du charbon n'est pas une question de technique mais de volonté politique. Elle doit arriver maintenant, 2035 est bien trop tard !", a déploré sur Twitter l'organisation Ende Gelände, à l'origine de plusieurs occupations de mines.

L'accord détaille pour la première fois un calendrier de fermeture des centrales à lignite, charbon brun particulièrement polluant, qui débutera le 31 décembre 2020 avec un des complexes opérés par RWE à proximité de la mine de Garzweiler.

Il prévoit également la fin des autorisations d'exploitation de la forêt millénaire de Hambach, dans l'ouest de l'Allemagne, menacée par l'extension d'une mine de lignite et devenue un symbole de la lutte contre le charbon. Plus de la moitié des 2,1 milliards de tonnes charbon exploitables par RWE "resteront enterrés", précise le groupe.

"Au lieu des 3 gigawatts prévus" l'an dernier, "seulement 2,8 gigawatts de lignite seront mis hors service d'ici 2022", et la majorité des fermetures "est reportée au-delà de 2030", critique cependant Olaf Bandt, président de l'association écologiste BUND.

Sortie du nucléaire

Les défenseurs du climat, qui pressent le gouvernement d'accélérer ses efforts, déplorent de surcroît la mise en service d'une nouvelle centrale au charbon dans le bassin rhénan, Datteln 4, confirmée jeudi. "C'est juste absurde", a tweeté Luisa Neubauer, figure allemande du mouvement Fridays for future.

Dans les régions minières, l'Etat prévoit l'instauration d'un fonds d'indemnités pour les salariés du secteur, qui pourrait être versé "jusqu'en 2043".Une aide financière totale de 40 milliards d'euros sera également accordée aux régions minières jusqu'en 2038, conformément à un projet de loi adopté en mai 2019.

L'abandon par l'Allemagne du charbon, énergie bon marché à l'origine de son développement industriel, est compliqué par la décision prise en 2011 de sortir du nucléaire d'ici 2022.

Malgré la montée en puissance des énergies renouvelables, intermittentes et difficiles à stocker et transporter, la première économie européenne tire encore plus d'un tiers de son électricité de la houille et du lignite.

Dans un plan adopté en décembre, l'Allemagne s'est fixé l'objectif de diminuer de 55% les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 par rapport à leur niveau de 1990, alors qu'elle est déjà assurée de manquer ses objectifs climatiques pour 2020.

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Commentaires
a écrit le 16/01/2020 à 21:08 :
Lisez-loi bien: l’Allemagne ne sortira pas de la lignite sans le nucléaire. Avant d’être un problème politique c’est d’abord un problème technique. Et on ne sort pas d’un problème technique par de la politique, ce serait trop facile.
a écrit le 16/01/2020 à 20:05 :
Ils vont surement remplacer le charbon pour du methane russe. Du CO2 avec des nox et autres déchets contre un gaz à effet de serre 23 fois plus puissant que le CO2.

En gros, c'est un non évenement...
a écrit le 16/01/2020 à 18:40 :
espérons que l'Allemagne finance cette transition sur ses excédents budgétaires et pas grâce au "green deal européen" de Mme von der Layen
Réponse de le 16/01/2020 à 19:40 :
Faut pas rêver, Mme von der Layen avec le green deal va avantager principalement l'Allemagne et la Pologne après que lAllemagne se soit placée dans une position insoluble en ayant d'abord décidée la sortie du nucléaire avant la sortie du charbon. Ne pas oublier que dans le green deal le nucléaire est exclu. La France qui est le pays Européenne qui émet le moins deCO2 ( horsNorvege)sera la grande perdante. Elle devra financer mais ne récupérera aucun subsides. ça c'est la première partie, la deuxième c'est quand l'Europe devenue plus propre taxera l'énergie nucléaire .
a écrit le 16/01/2020 à 18:33 :
L'Allemagne est sortie de l'Atomkraft sur un coup de tete, pour des raisons politiques deplacees; donc elle est rentree pour compenser dans l'utilisation massive de Braunkohle, et d'importation d'electricite francaise ( produite par les centrales nucleaires, donc)
maintenant pour des raisons politiques on sort de ca et on va vers quoi? he ben on sait pas! Y a deja plein d'articles qui fleurissent en Allemagne sur les pollutions generees par les eoliennes, et leurs degats colossaux sur les insectes ( et pas seulement)
donc c'est comme en france ca va devenir obligatoire avant d'etre interdit
et peut etre qu'au passage l'extremisme vert va amener un dictateur, ca serait marrant, et ca rappellerait plein de bons souvenirs, d'autant qu'on sait deja qui sera en premiere ligne pour se plaindre!

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