« C'est un compagnon. Un outil d'aide à la décision que les agents de la cuisine centrale et des quatre-vingt-sept cantines scolaires décideront d'utiliser ou non», explique Francky Trichet, vice-président de Nantes Métropole qui a impulsé l'idée de l'utilisation de l'intelligence artificielle pour détecter les seuils de surproduction de la cuisine centrale. Lancée dans le cadre du Nantes City Lab voulu pour faire de la métropole un champ d'expérimentation ouverts aux acteurs de l'innovation, l'opération a fait appel aux savoir-faire des startups Verteego, éditeur de solutions d'IA prédictives et MaestrIA, spécialisée dans l'appropriation de l'IA par les entreprises. Objectif : prévoir la fréquentation des cantines scolaires nantaises pour ajuster au mieux la production.
En quelques mois, ces deux acteurs ont extrait, agrégé, qualifié et compilé dix années de données pour concevoir et éduquer deux algorithmes : l'un plutôt centré sur l'activité de la cuisine centrale, l'autre sur les écoles. A savoir : 15.000 à 16.000 repas préparés quotidiennement chaque année pour des établissements où, particularité nantaise, la collectivité pratique une politique dite de « table ouverte ». Ce qui permet aux enfants de s'inscrire le matin pour le midi. Et d'offrir un accès régulier à des repas équilibrés. Mais, cette flexibilité engendre, aussi, une certaine difficulté de prévision.
Testés sur la période 2019, les algorithmes ont ainsi croisés les données de fréquentation, géographiques, météorologiques, d'épidémie de grippe, de gastroentérite, le type de menu, les fêtes, les grèves...et relevé une surproduction de 9,6%, équivalent à plus de 1400 repas. Un taux que l'IA, si elle avait appliqué ses prédictions, aurait pu ramener à 6,5%. « Trois points, c'est l'équivalent de 430 repas ! », note Francky Trichet pour qui « Il ne s'agit pas seulement de produire au plus juste pour éviter les surplus alimentaires qui, de toutes façons, ne sont pas gaspillés, mais redistribués dans le circuit des associations caritatives, mais de prendre en compte l'ensemble de la chaine. On va ainsi économiser sur les achats, la fabrication, la logistique, et là, on limite l'impact sur la planète», raisonne-t-il.