« On sent un frémissement autour de la démarche low-tech » Michel Gioria, Ademe Île-de-France

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Pour Michel Gioria (en photo), il y a une appétence pour une innovation sociale qui fasse sens.
Pour Michel Gioria (en photo), il y a une "appétence pour une innovation sociale qui fasse sens". (Crédits : Igor Lubinetsky)
ENTRETIEN. Persuadée que la low-tech peut apporter des solutions simples et efficaces à des contraintes locales, l’Ademe Île-de-France va débloquer 500.000 euros afin de soutenir une dizaine de projets. Son directeur régional, Michel Gioria, nous en dit plus.

LA TRIBUNE - Vous lancez un appel à manifestation d'intérêt pour encourager des initiatives low-tech. Quelles en sont les modalités ?

MICHEL GIORIA - Ce dispositif est destiné aux entreprises, grandes ou petites, ou structures d'innovation (associations, pôles de compétitivité, cluster d'entreprises...) d'Île-de-France qui souhaitent développer, en interne, des solutions low-tech. Jusqu'au 14 mai, elles peuvent soumettre leurs projets à l'Ademe, qui, selon la pertinence, pourra débloquer un financement afin de réaliser une étude de faisabilité. L'enveloppe globale, pour 2020, est de 500.000 euros. Nous espérons soutenir une dizaine de projets, qui seront sélectionnés par un jury composé de spécialistes de la low-tech.

Nous lançons ce dispositif maintenant, d'abord parce que nous sentons un frémissement autour de la démarche low-tech et que la réflexion, autour de ces sujets, est en train de mûrir. Ensuite, parce que nous percevons une appétence pour une innovation sociale qui fasse sens. L'idée est d'accélérer ce mouvement à notre échelle, mais aussi d'envoyer un signal aux décideurs en leur montrant que nous sommes prêt à leur donner un coup de main.

En quoi l'Île-de-France constitue-t-elle un bon terrain d'expérimentation ?

Parce que les compétences sont là. 40 % de l'activité nationale en recherche et innovation est située en Île-de-France. Par ailleurs, ce territoire est une région-monde qui concentre plusieurs défis d'importance, liés, par exemple, à la mobilité, aux déchets ou encore au logement. La réponse traditionnelle à ces problématiques consiste à apporter plus de technologies, plus d'innovation, plus de performance... N'y a-t-il pas une autre voie à explorer ? Nous pensons que les low-tech peuvent contribuer, à l'échelle d'un territoire comme l'Île-de-France, à atteindre des objectifs en matière de transition écologique.

La démarche peut-elle dépasser le cadre local ?

Certes, la low-tech est une démarche très pragmatique, et permet d'abord de répondre à une contrainte locale ou un besoin très concret. Mais des initiatives, notamment dans les pays émergents, nous ont montré qu'une solution pouvait être diffusée à grande échelle. En Inde, par exemple, où le système de santé dispose de peu de ressources, General Electric a développé, à l'aide de ses équipes locales de R&D, un mini-électrocardiogramme low-tech, portatif, simple d'utilisation et peu coûteux, que les hôpitaux peuvent désormais acheter. Cet équipement a connu un franc succès en Inde, comme dans d'autres pays émergents, et également dans des pays développés. La réussite des solutions low-tech dépasse parfois les espérances.

Propos recueillis par Ivan Capecchi

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