Saisie par le Comité des pêches, la justice va ouvrir une enquête sur les conditions d'attribution du chantier des éoliennes offshore à Ailes Marines, filiale de l'entreprise espagnole Iberdrola. Ce projet dans la baie bretonne fait l'objet d'une contestation depuis son lancement.
Le parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire pour "recel de délit d'atteinte à l'égalité des candidats dans les marchés" dans l'attribution du marché public du parc éolien en baie de Saint-Brieuc à une filiale d'Iberdrola, a indiqué samedi une source proche du dossier, confirmant une information de Mediapart.
Le Comité des pêches rappelait en mai dernier qu'il était prêt à accompagner la transition énergétique à travers les EMR, à condition de "construire un parc avec les pêcheurs", un préalable à ses yeux pour "améliorer l'acceptabilité sociale". Il considérait par ailleurs que "l'éolien posé" au sol, le choix retenu par l'Etat pour ce parc, contrairement au projet éolien flottant envisagé en Bretagne-Sud, "n'est pas compatible" avec le territoire de la baie de Saint-Brieuc.
"Les cartes peuvent être rebattues"
"Dès lors qu'un risque pénal sérieux pèse sur l'opérateur, les cartes peuvent être rebattues", ont réagi auprès de l'AFP Me William Bourdon et Me Vincent Brengarth, avocats du Comité des pêches des Côtes-d'Armor. "Un dialogue effectif est toujours possible et souhaitable avec des pêcheurs responsables et légitimes dans leurs revendications", ont-ils ajouté.
Lorsqu'ils avaient effectué leur signalement, les deux avocats avaient rappelé dans un communiqué qu'en avril 2012, la société Ailes Marines avait été choisie par les ministres de l'Ecologie et de l'Industrie pour la construction de ce parc alors que la société concurrente "Eolien maritime France" avait été désignée par la Commission de régulation de l'énergie (CRE).
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Or, ce choix a depuis été jugé "irrégulier" par le Conseil d'Etat, "dans deux décisions de juillet 2019 (...) car l'exécutif avait pris en compte des conditions qui n'avaient pas été incluses dans le cahier des charges, pour favoriser Ailes Marines plutôt que la société concurrente", avaient observé les avocats.