À travers son projet Remove Debris, la filiale Defence and Space du groupe Airbus travaille sérieusement sur la problématique des débris dans l’espace. Ce projet né d'un consortium européen prévoit quatre expériences pour tester différentes techniques de capture de débris dans l’espace. À Toulouse, deux ingénieurs sont en charge du volet "optique et vision" de cette mission expérimentale, étape préalable à toute capture de débris."Cela fait maintenant quelques années que la communauté s'intéresse au sujet des débris dans l'espace car cela devient un problème pour les satellites actuels et futurs. Il y a un risque de collision de plus en plus important. Un tel événement serait catastrophique et c'est d'ailleurs déjà arrivé", explique Thomas Chabot, ingénieur navigation basée vision au sein d'Airbus Defense and Space.
Avec un autre confrère toulousain, cet ingénieur travaille depuis fin 2012 sur le projet Remove Debris. Sponsorisée par la Commission européenne, cette mission est réalisée dans le cadre d'un consortium européen incluant plusieurs entités d'Airbus à l'étranger et l'université du Surrey, en Angleterre, comme coordinatrice du projet.
"L'objectif final est de pouvoir désorbiter de gros débris, des satellites morts ou des derniers étages de lanceurs, qui font entre un et plusieurs mètres d'envergure. Mais récupérer un débris dans l'espace cela n'a jamais été fait. Il faut donc développer les technologies nécessaires. Et le projet Remove Debris, qui est une mission expérimentale et non opérationnelle, a pour objet de mettre au point ces technologies", poursuit l'ingénieur basé à Toulouse.
La problématique des rendez-vous spatiaux
Cette mission de "démonstration" est composée au total de quatre expérimentations. Il y a tout d'abord la capture d'un débris à l'aide d'un filet, une expérience réalisée avec succès au début du mois de septembre. Prochainement, aux alentours du 20 octobre, ce sera au tour de la technologie développée depuis Toulouse d'être testée.
"Le satellite principal de la mission, le Remove Sat, qui porte les différentes expérimentations, va déployer un cubesat (petit satellite) qui jouera le rôle de débris. Ensuite, nous allons faire de l'imagerie sur ce débris à l'aide de deux caméras standard et d'un lidar qui émet un faisceau laser (outil qui permet de calculer la distance, ndlr). Une fois ces images récupérées, nous allons tester nos différents algorithmes de traitement des images. L'objectif est d'analyser le débris, d'anticiper sa trajectoire, et pouvoir programmer ainsi un rendez-vous spatial avec lui en s'approchant à quelques mètres du débris. Mais jusqu'à présent, ces rendez-vous spatiaux étaient programmés, tandis que là on va chercher une rencontre avec un débris (ou satellite) qui n'est pas coopératif et qui n'est pas prévu pour des rendez-vous de ce type. C'est nouveau et c'est l'étape préalable à toute capture", tient à préciser Thomas Chabot.