Covid-19 : l’urgence à favoriser les circuits courts pour les productions agricoles

Avec l'interdiction de nombreux marchés alimentaires de plein vent, les agriculteurs perdent un nouveau débouché pour leurs productions.
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Avec l'interdiction de nombreux marchés alimentaires de plein vent, les agriculteurs perdent un nouveau débouché pour leurs productions.
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L'Hérault compte environ 6 000 agriculteurs, toutes filières confondues. Et la chambre d'agriculture du département recense aujourd'hui plus de 1 500 agriculteurs - toutes filières et tous statuts confondus - qui sont en circuits courts (dont 700 caves particulières).
Mais avec la crise sanitaire, toutes les cartes sont rebattues... Et la question de la distribution des productions agricoles se pose sérieusement. Car les débouchés possibles s'amenuisent : après la fermeture des écoles (et donc des cantines) puis des restaurants, les marchés alimentaires de plein vent sont à leur tour victimes collatérales du Covid-19. Et avec eux les producteurs qui perdent encore un débouché pour leurs productions.
Suivant un arrêté du 25 mars dernier, les marchés alimentaires de plein vent sont interdits, sauf dérogation spéciale. Dans l'Hérault, cette dérogation concerne 18 marchés dans l'arrondissement de Montpellier, 30 dans l'arrondissement de Béziers, et 14 dans l'arrondissement de Lodève.
Rapidement, les organisations professionnelles ont travaillé à l'élaboration d'un protocole sanitaire avec les ministères de l'Économie, de l'Agriculture et de la Santé. Validé le 27 mars, il permet aux préfets et aux maires d'accorder de nouvelles autorisations d'ouverture des marchés alimentaires qui répondent à un besoin d'approvisionnement de la population, en leur donnant la capacité de vérifier si les conditions de leur organisation sont propres à garantir la santé des personnes. Mais l'élue à la chambre d'agriculture reste dubitative et inquiète.
L'agricultrice pointe la récolte des fraises et des asperges qui vient de commencer, et se désole de leur devenir si on ne trouve pas de solutions : « Des producteurs m'ont dit qu'ils ralentissaient la pousse, par exemple en ouvrant les serres pour qu'il fasse plus froid. Mais la CHR (cafés-hôtels-restaurants, NDLR) n'achète pas, et les semi-grossistes et grossistes achètent moins. Il y a des productions qui vont être perdues ! 20 ha de fraises, ça ne s'écoulera pas en faisant des livraisons à domicile ! ».
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Plusieurs pistes sont à l'étude pour venir soutenir la filière. A commencer par un dialogue avec les grandes et moyennes surfaces « qui jouent le jeu ». Mais Céline Michelon rappelle que « pour vendre dans certaines grandes et moyennes surfaces, il faut être référencés et il faut 4 mois pour ça », et espère « qu'elles ne vont pas en profiter pour faire baisser les prix en faisant jouer la concurrence ».
Les marchés d'intérêt national (MIN), maillon habituel des circuits de distribution des productions agricoles locales, sont aussi sollicités plus que d'habitude, dont celui de Montpellier où officie l'association des Producteurs d'Occitanie.
Autre initiative au secours des agriculteurs : la plate-forme digitale mise en place dès le 24 mars par la Région Occitanie afin de favoriser la livraison de produits frais locaux.
Le principe : les producteurs et commerçants locaux se rendent sur la plate-forme en ligne solidarite-occitanie-alimentation.fr et remplissent un formulaire indiquant les produits proposés à la livraison ainsi que les lieux et jours de livraison. Chacun peut ainsi géolocaliser les producteurs et commerçants livrant près de son domicile et les contacter par mail ou téléphone afin de passer sa commande. Un espace participatif permet également aux habitants de partager leurs bonnes adresses.
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A ce jour, l'agence de communication Wonderful, en charge de la promotion des actions de la collectivité, annonce « 320 000 connexions sur la plate-forme et 3 200 commerçants et producteurs inscrits ».