La colère paysanne s'enflamme en Occitanie. Enclenchée le 16 janvier par un blocage des rues à Toulouse, le mouvement se répand dans toute la région et toute la France...
Lundi 22 janvier, c'est au péage sud de l'autoroute A9 à Perpignan que se sont regroupés 150 à 200 agriculteurs et une cinquantaine de tracteurs. Autoroute bloquée, gravats déversés devant la préfecture et la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM)...
Ce jeudi 25 janvier, la mobilisation s'étend à Béziers (Hérault) et Nîmes (Gard). A Béziers, devançant l'appel des syndicats qui mobilisent leurs troupes pour une manifestation le vendredi 26 janvier, des viticulteurs en colère sont passés à l'action, ciblant négoce et grandes surfaces. Du lisier a été déversé dans la cour du négociant Castel Vin, avec mises à feu de palettes. Les manifestants s'en sont pris ensuite aux supermarchés Lidl et Intermarché. A Nîmes, 1.000 manifestants et près de 600 tracteurs selon les organisateurs, ont répondu à l'appel des syndicats et sont venus bloquer les autoroutes A9 et A54. Les manifestants, parmi lesquels les viticulteurs sont légion, expriment un ras-le-bol généralisé.
Pierre Hylari, viticulteur à Estagel et président des Jeunes Agriculteurs des Pyrénées-Orientales, ne mâche pas ses mots : « Ça suffit ! Nous ne vivons plus de notre métier et nous sommes constamment pointés du doigt et traités de pollueurs. En Occitanie, le revenu moyen en viticulture est de 600 euros par mois, selon l'étude de CER France. En 1980, mon père vendait 1.000 francs l'hectolitre de vin doux naturel. Aujourd'hui, on nous en propose 160 euros l'hectolitre, c'est-à-dire le même prix, alors que nos charges n'ont cessé d'augmenter. Ce n'est plus tenable. La viticulture est en train de disparaître et c'est tout un pan de l'économie du département, notamment le tourisme, qui est en péril », s'enflamme-t-il.