Des champs au bitume. « Il faut que ça bouge, il faut qu'on soit entendus. Et pour ça il faut tout bloquer ! » Il est un peu plus de 7 heures du matin sur l'entrée nord de la rocade bordelaise et Hervé, viticulteur en bio, se montre excédé par le manque de visibilité. Ses collègues ont stationné leurs tracteurs entre deux sorties de l'axe routier habituellement saturé à cette heure-ci. Mais là, pas une voiture ne passe, la préfecture a déployé les forces de l'ordre pour détourner le trafic. La circulation n'est pas si perturbée.
A l'appel de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs de Gironde, plusieurs centaines d'agriculteurs ont manifesté ce matin sur le périphérique bordelais pour protester contre une hausse des charges et l'importation de denrées soumises à des normes moins strictes qu'en France. La rocade est ainsi bloquée depuis 4 heures du matin quand, plus au sud, des perturbations ont lieu sur les autoroutes au niveau de Bayonne, Agen et Mont-de-Marsan.
« On est tous confrontés à cette mondialisation, on est face à des agriculteurs de l'autre bout de la planète qui ont des coûts de production moins élevés que les nôtres », tempête le vigneron. Une distorsion de concurrence qui ne passe plus depuis que le gouvernement a annoncé la fin progressive d'une exonération fiscale sur le gazole non routier d'ici 2030. La mesure de transition écologique était approuvée par la FNSEA début janvier avant que de nombreux groupes d'agriculteurs ne la dénoncent. Une divergence qui se fait sentir dans le cortège.