Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Didier Guillaume, est venu à Arcachon pour rassurer les conchyliculteurs. Durement frappés par la crise du Covid-19, ces derniers dirigent généralement de petites entreprises familiales et fragiles. Elles sont très nombreuses en Nouvelle-Aquitaine, première région productrice d'huitres en France. Exonérations de charges et de loyers sont au menu, tout comme des compensations de chiffre d'affaires grâce au soutien européen.Première région ostréicole, avec 40 % de la production nationale d'huitres, la Nouvelle-Aquitaine doit faire face à une crise un peu plus lourde qu'ailleurs, même si aucune zone productrice n'est épargnée en France. C'est sans doute pourquoi le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Didier Guillaume, est venu sur le bassin d'Arcachon la semaine dernière, avant d'aller à Bordeaux au marché des Capucins.
La députée (LREM) Sophie Panonacle, élue du bassin d'Arcachon et très engagée dans la défense de l'économie bleue, qui se bat effectivement pour la défense de la filière conchylicole (production d'huitres, de moules et tous types de coquillages), n'a pu que s'en féliciter. Avec 27 autres parlementaires des circonscriptions littorales, elle a interpellé il y a quelques semaines le Premier ministre "et plusieurs ministres directement concernés pour obtenir des mesures d'accompagnement à la filière ostréicole".
Des trésoreries à bout de souffle
"Les entreprises, souvent petites et familiales, sont des acteurs essentiels du maillage socio-économique et touristique de nos littoraux. Leur disparition porterait un fort préjudice aux économies locales du bord de mer. L'état de leur trésorerie est aujourd'hui alarmant et appelle un soutien financier indispensable. Les députés proposent, au même titre que les entreprises du secteur touristique, que les ostréiculteurs bénéficient de l'exonération des cotisations sociales pour une période de six mois à compter de mars 2020. De même, ils ont demandé l'annulation des loyers et des redevances d'occupation du domaine public", déroule Sophie Panonacle.
En se rendant sur le bassin d'Arcachon, le 3 juin dernier, le ministre Didier Guillaume n'est pas venu se pencher uniquement sur le sort de la conchyliculture néo-aquitaine mais bien nationale.
La députée en appelle aussi au soutien des collectivités
Et le ministre a fait des annonces qui ont au moins commencé à rassurer les députés de la majorité mobilisés sur le sujet.
" ... les annonces de Didier Guillaume, ministre de tutelle, sont particulièrement bienvenues. Les exonérations de charges, de loyers et de redevances de l'occupation du domaine public sont un premier pas. La confirmation du soutien de l'Europe pour compenser les pertes de chiffre d'affaires est tout aussi importante. La mobilisation des collectivités locales ne sera pas de trop dans ce processus de sauvetage et de pérennisation de la filière conchylicole. Notre volonté est de rester attentifs à la mise en œuvre des engagements qui ont été annoncés", a résumé en substance la députée de la Gironde.
Après avoir rappelé que cette mobilisation des professionnels fait suite en particulier à l'appel du Conseil national de la conchyliculture, présidé par Philippe Le Gal, Sophie Panonacle a précisé que la filière "produit près de 200.000 tonnes de coquillages par an pour un chiffre d'affaires d'environ 780 M€. Elle emploie 20.000 personnes".
1.091 entreprises conchylicoles dans la région
Les derniers chiffres connus de la Draaf (Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt) de Nouvelle-Aquitaine sur l'activité conchylicole datent du recensement de 2012 et ont été remis à jour en décembre 2018. Ils confirment la structure hyper familiale de cette filière économique. Sur les 1.091 entreprises conchylicoles identifiées en Nouvelle-Aquitaine en 2012, ces dernières regroupent un total de 1.279 chefs et co-exploitants et 656 autres actifs familiaux, soit 1.935 actifs constituant une main d'œuvre familiale.