« Les cours internationaux ont continué de chuter. Pour le blé et le maïs, ils sont passés depuis longtemps sous le seuil de 200 euros la tonne. Les producteurs sont ainsi payés en dessous de leur coût de revient… », analyse Benoît Piétrement,...
Les retours de la récolte de céréales en cours sont très positifs, laissant espérer de très bons résultats, selon Benoît Piétrement, le président d’Intercéréales, l’interprofession de la filière. Et les marchés d’exportation potentiels sont nombreux. Mais, l’année dernière a été tellement désastreuse que les producteurs risquent néanmoins d’avoir des problèmes de trésorerie dès l’automne.
LA TRIBUNE - Comment s'annoncent les moissons de cette année ?
Benoît Piétrement - La récolte 2025 n'est pas encore finie, mais elle est très bien avancée et les retours sont globalement très positifs. Les très bons rendements et la belle qualité partout des orges d'hiver a été une bonne surprise. Les blés tendres nous ont également surpris positivement, malgré des inquiétudes liées à la sécheresse printanière dans le nord de la France et aux vagues de chaleur en juin. Les cultures ont pu finaliser leur cycle. Les résultats sont bons, voire très bons par endroits. Les quelques hétérogénéités dépendent essentiellement du moment du semis ou du type de sols.
Cette belle moisson est un soulagement pour toute la filière, après une année 2024 très mauvaise. Les agriculteurs en sont les premiers bénéficiaires, mais avoir de bonnes quantités et une qualité très correcte est aussi positif pour les organismes stockeurs.
Est-ce que cela va suffire pour rattraper les dégâts de l'année dernière ?
Malheureusement non : bien que la récolte soit globalement bonne, elle ne compensera pas toutes les difficultés et les pertes de l'année dernière. Les cours internationaux ont continué de chuter. Pour le blé et le maïs, ils sont passés depuis longtemps sous le seuil de 200 euros la tonne. Les producteurs sont ainsi payés en dessous de leur coût de revient, puisque les charges (engrais, coûts de l'énergie, mécanisation), elles, ont flambé depuis cinq ans et se maintiennent toujours à des niveaux très élevés.
C'est pourquoi nous sommes assez inquiets et nous restons vigilants. Nous prévoyons des problèmes de trésorerie, localement, dès l'automne, au moment où les agriculteurs devront racheter des engrais et des semences pour la campagne 2026. Cependant, les plus grandes difficultés risquent d'apparaître surtout au printemps. C'est à ce moment-là que les agriculteurs auront besoin de volumes importants de trésorerie pour les intrants printaniers, les engrais et les produits de traitement.
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