"Nous ne pouvons pas imaginer le monde de demain dominé par les constellations américaines ou chinoises, à qui nous serions obligés de confier nos données", n'hésite pas à dire Philippe Baptiste. Invité à prononcer un discours d'ouverture à l'occasion du Space Forum de La Tribune, organisé jeudi 10 juin, le nouveau président du Cnes avance même qu'il "est urgent de lancer une constellation européenne liée aux télécommunications. C'est l'occasion de lancer une nouvelle phase du numérique en Europe. C'est un enjeu majeur, à la fois de business et d'autonomie stratégique".
Face à l'Europe, plusieurs méga-constellations satellitaires sont en voie d'inonder le marché mondial du numérique et des constellations, comme insinué par Philippe Baptiste. Amazon va lancer Kuiper, SpaceX ne cesse de développer sa constellation Starlink, l'indo-britannique OneWeb avance dans son projet après ses déboires financiers, sans parler de la constellation chinoise Hongyan. À chaque fois, ce sont plusieurs centaines voire milliers de satellites qui sont annoncés comme objectif.
Depuis quelques semaines, Philippe Baptiste est le nouveau président du Cnes (Crédits : Rémi Benoit).
Face à une telle concurrence, le commissaire européen Thierry Breton, en charge du marché intérieur, s'active en coulisses pour la naissance d'une troisième grande infrastructure spatiale, après les programme Galiléo pour le GPS et Copernicus pour l'observation de l'environnement.