CNES : Emmanuel Macron choisit sans surprise l'inconnu Philippe Baptiste

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(Crédits : Total - DR)
Selon la feuille de route du prochain président du CNES, Philippe Baptiste va devoir apporter un regard neuf sur la filière spatiale française pour l'amener vers de nouveaux horizons, essentiellement vers les activités aval du spatial.

C'est finalement le candidat surprise qui va s'emparer de la prestigieuse présidence du CNES, Philippe Baptiste, porté par la volonté d'Emmanuel Macron, comme l'avait écrit La Tribune. Dans un communiqué de l'Élysée, qu'on attendait plus, "le président de la République envisage, sur proposition du Premier ministre, de nommer M. Philippe Baptiste en qualité de président du conseil d'administration du Centre national d'études spatiales (CNES, ndlr). À cette fin l'État proposera au conseil d'administration qu'il en soit nommé président". L'ancien directeur de cabinet de Frédérique Vidal, qui va très certainement remplacer Jean-Yves Le Gall, va pouvoir s'intéresser au spatial à condition de passer le cap de ses deux auditions à l'Assemblée nationale et au Sénat.

Le Président de l'Assemblée nationale et le Président du Sénat sont en effet saisis de ce projet de nomination, afin que la commission intéressée de chacune des assemblées se prononce dans les conditions prévues par le cinquième alinéa de l'article 13 de la Constitution. Dans ce cadre, Emmanuel Macron ne peut donc procéder à la nomination de la personne entendue lorsque l'addition des votes négatifs dans chaque commission représente au moins trois cinquièmes des suffrages exprimés au sein des deux commissions. S'il passait ce cap, il serait à la tête d'un conseil d'administration paritaire (six femmes, six hommes) très inexpérimenté en matière spatiale à l'exception du Délégué général pour l'armement, Joël Barre, et du PDG de l'ONERA, Bruno Sainjon.

Développer les activités aval

A partir du moment où l'Élysée ne souhaitait pas qu'un industriel soit nommé à la tête du CNES, contrairement à Bercy en charge de l'espace, les principales candidatures - Nicolas Chamussy (Airbus), qui a été depuis nommé directeur général de Nexter, et de Stéphane Israël (ArianeGroup) notamment - n'avaient aucune chance. D'autant que certains groupes étaient montés au créneau pour s'opposer à ces candidatures. Aussi, Emmanuel Macron a privilégié, non pas l'expérience et la compétence de Bruno Sainjon, mais un regard neuf sur la filière spatiale française pour l'amener vers de nouveaux horizons, essentiellement vers les activités aval du spatial, et plus précisément les fameuses applications développées à partir des plateformes spatiales.

Pour l'Élysée, celui qui porte le mieux cette feuille de route s'appelle donc Philippe Baptiste, l'ancien directeur de cabinet entre mai 2017 et avril 2019 de Frédérique Vidal au ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation. Puis, il est passé par Matignon en tant que conseiller éducation, enseignement supérieur, jeunesse et sport. Auparavant, il était directeur scientifique et vice-président du développement scientifique chez Total depuis février 2016. Passé par l'éditeur de logiciels Ilog, Bouygues et IBM, cet ingénieur de formation (ingénieur civil des Mines de Nancy) qu'on dit ambitieux, coche effectivement certaines cases pour devenir un président du CNES. Notamment celles d'être passé par l'industrie informatique, la recherche (CNRS) et le ministère en charge de l'espace.

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Commentaires
a écrit le 31/03/2021 à 12:31 :
Tout cela sent le copinage et la combinazione. Au niveau technique notre homme semble un spécialiste de la recherche opérationnelle, pas vraiment ce que l'on demande au CNES. Quant à sa trajectoire elle sent les amitiés placées au bon endroit. Bref, du macronisme habituel. Effectivement, tout cela sent le bas empire comme dit l'autre...
a écrit le 31/03/2021 à 7:49 :
Une formation de haut niveau un parcours privé conséquent malgré cela le fait de sa proximité avec les "contrats" politiques me douche pour cette nomination. Un parcours politique est une carte de visite intéressante dans le monde du mensonge et de l'incompétence mais certainement pas dans un monde du savoir. A ce sujet sa ministre a montré toute son inutilité dans son poste dont il est le chef de cabinet.
a écrit le 30/03/2021 à 16:48 :
Ça sent la privatisation et la vente à la découpe ...
Réponse de le 30/03/2021 à 19:43 :
Vous, vous n'avez aucune idée de ce qu'est le CNES. Privatiser le CNES, c'est comme privatiser une Préfecture, avec les gains qu'on peut imaginer : aucun.
Réponse de le 31/03/2021 à 7:58 :
la comparaison me gène car une préfecture n'est pas en tant qu'entité technocratique un modèle de gestion des deniers du contribuable. La préfecture est un reste de la prévôté, avec à as tête un prévôt des temps modernes. La préfecture est un bras "armé" non pas de l'état comme on pourrait le penser mais du politique en place, peu importe la couleur de celui ci, avec cette maladie française pour une majorité des prévôts une formation soit de l'ENA soit de son homologue dans la main basse de la gouvernance française S.po. Si le CNES est une belle réussite le mettre en // à une préfecture est une insulte.

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