"C'est une petite révolution dans la profession", n'hésite pas à lancer Jean-Luc Da Lozzo, dirigeant du spécialiste haut-garonnais du recyclage des déchets organiques Cler Verts. Ce dernier fait partie des grands gagnants de la nouvelle loi qui rendra obligatoire dès 2024 pour les professionnels et les particuliers le tri des biodéchets. Jusqu'à maintenant, les particuliers avaient trois poubelles de tri : verre, emballages et ordures ménagères. À partir du 1er janvier 2024, les collectivités devront aussi mettre en place la collecte des biodéchets (comme les épluchures de fruits et légumes) qui étaient jusqu'à présent incinérés ou enfouis sous terre.
"À la place, il est possible de transformer ces biodéchets en énergie, pour produire du biogaz ou de l'électricité mais aussi un digestat qui est ni plus ni moins qu'un fertilisant contenant de l'azote, de la potasse et du phosphore. Orsur les derniers mois, le prix de l'azote acheté par les agriculteurs est passé de 250 euros à 700 euros la tonne. Le monde agricole est très exposé aux fluctuations des cours mondiaux. De la même manière, la potasse et le phosphore sont des ressources minières menacées d'extinction à un horizon court. Derrière cette nouvelle règlementation, il y a des enjeux très forts", pointe le fondateur de l'acteur du recyclage.
Avec ce changement législatif, la PME qui recycle 80.000 tonnes de déchets organiques chaque année sur son site de Bélesta-en-Lauragais s'attend à voir son activité exploser.
Avec cet essor, Cler Verts espère voir passer son chiffre d'affaires de 8 millions d'euros en 2021 à plus de 20 millions en 2025. Pour accroître ses capacités de recyclage, la PME vient de boucler une levée de fonds de 10 millions d'euros auprès de Calcium Capital.