Collins Aerospace certifie son premier avion C-130 rénové pour l'armée de l'air
Florine Galéron
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Collins Aerospace et Sabena Technics ont obtenu la certification d'un premier prototype dans le cadre du programme de rénovation des C-130H de l'Armée de l'air.
Patrick Seguin
Les équipes toulousaines de Collins Aerospace officialisent la certification du premier avion du programme de rénovation de la flotte des C-130H de l'armée de l'air mené en collaboration avec les effectifs bordelais de Sabena Technics. Ces avions militaires conçus dans les années 50 ont bénéficié d'un saut technologique avec l'arrivée d'une avionique dernier cri. Tout au long du chantier, les mécaniciens ont fait appel à de l'impression 3D et des iPad équipés d'outils de réalité augmentée. De nouveaux outils importants aussi pour faciliter le recrutement dans ces métiers.
Mettre une avionique dernier cri dans des avions militaires conçus dans les années 50, c'est le sacré challenge que viennent de relever les équipes toulousaines de Collins Aerospace en collaboration avec les effectifs bordelais de Sabena Technics. Les deux sociétés officialisent ce mercredi 16 septembre en Gironde la certification d'un premier avion dans le cadre du programme de rénovation de la flotte des C-130H de l'armée de l'air française.
Collins Aerospace a été chargé en 2016 par la DGA (direction générale de l'armement) de piloter en tant que maître d'oeuvre ce programme en s'appuyant sur l'expertise du constructeur de l'avion Lockheed Martin. De leur côté, les équipes bordelaises de Sabena Technics ont eu la responsabilité de fabriquer et d'intégrer les équipements à bord des premiers prototypes.
Écran LCD et affichage tête haute
« Le cockpit initial de l'avion qui datait des années 50 était composé de beaucoup de petits cadrans ronds, assez peu lisibles. Nous sommes passés à une avionique moderne que l'on peut trouver dans les avions commerciaux d'Airbus avec par exemple des écrans LCD de grandes dimensions qui permettent de concentrer les informations de façon beaucoup plus lisible, visible et interprétable pour les pilotes. Le cockpit a été démonté intégralement, il a fallu sortir des dizaines, des centaines de kilomètres de câbles. L'avion a été parfois complètement à nu à l'intérieur pour permettre l'installation des nouveaux systèmes », fait valoir Nicolas Huard, directeur de l'ingénierie avionique de Collins Aerospace.
Sur le premier prototype, « 123 équipements ont été changés, cela montre l'ampleur de la tâche », complète Evelyne Audisio, directrice générale de la branche avionique de Collins Aerospace en France.
Avant d'ajouter :
«Ces éléments de modernisation vont permettre à l'avion de s'insérer dans les contraintes d'une navigation moderne, de réaliser des approches via GPS qui ne vont pas nécessiter d'infrastructures au sol, de mener des opérations en tout temps, de jour comme de nuit grâce à un système de double affichage tête haute.Globalement cela veut dire plus de capacité opérationnelle, plus de sécurité pour les équipages qui ont une meilleure perception de leur environnement. Plus de sécurité aussi parce que justement cette modernisation est passée par une étape de certification avec des exigences qui peuvent être totalement comparables et alignées aux exigences de certification civile.»
Plus d'un millier de collaborateurs de Collins Aerospace ont été amenés à travailler à un moment sur le programme. Du côté de Sabena Technics, le contrat représente l'équivalent de 70 emplois à plein temps. « Pour un MRO indépendant comme Sabena Technics, mobilisé sur plusieurs plateformes avec plusieurs constructeurs, un tel programme nous offre de très belles références sur la rénovation avionique qui ne s'arrêtent pas au C-130 », salue Philippe Rochet, président du groupe.