Après un salon du Bourget qui a explosé les records de fréquentation, le constructeur aéronautique toulousain Aura Aero est en bonne voie pour boucler avant la fin de l'été une levée de fonds d'au moins 50 millions d'euros. Et ce malgré « le vide sidéral du financement privé » en France pour passer à l'échelle industrielle et la volonté ferme de la jeune société d'éviter l'entrée de tout fonds chinois, comme l'a martelé son président Jérémy Caussade lors de l'événement The Village organisé par La Tribune.Après quatre ans d'absence, le Salon du Bourget a battu tous les records de fréquentation en franchissant la barre des 400.000 visiteurs. Une édition record qui a permis au constructeur aéronautique toulousain Aura Aero de décrocher une dizaine de précommandes supplémentaires pour ERA, son avion de transport régional 19 places à propulsion électrique, de renforcer son partenariat avec Safran et de nouer un autre notamment avec EDF. L'événement pourrait aussi faciliter le bouclage d'une levée de fonds avant la fin de l'été pour la jeune société qui recherche entre 50 et 80 millions d'euros. « Le Bourget a bien aidé », confirme Jérémy Caussade.
Difficile de devenir une ETI en France
Le président d'Aura Aero est intervenu lors de l'événement The Village organisé par La Tribune les 30 juin et 1er juillet à Cordes-sur-Ciel (81) et est revenu sur le parcours du combattant pour obtenir des fonds privés pour passer à l'étape industrielle :
«En France, tout nous pousse à créer une société d'une vingtaine d'ingénieurs dans un garage. On peut vivre des années, des dizaines d'années remarquablement bien avec toute une panoplie de mécanismes. Rien que sur la place toulousaine, il existe au moins une dizaine de fonds privés qui peuvent faire du saupoudrage. De l'autre côté, nous avons aussi beaucoup de sociétés positionnées sur du LBO ou du capital développement, une activité assez traditionnelle. Et entre les deux, c'est assez simple, il n'y a rien, c'est le vide sidéral. Or, une société comme Aura Aero a vocation à devenir une ETI (entreprise de taille intermédiaire).»
L'entreprise est passée d'un salarié en 2019 à 200 collaborateurs aujourd'hui et veut mettre 150 millions d'euros pour créer une usine de 40.000 m2 à l'aéroport Toulouse-Francazal pour produire en série ses aéronefs biplaces et son avion régional électrique de 19 places. Le site industriel pourrait générer à terme un millier d'emplois.
Un constat partagé par Tristan Laurent, cofondateur d'Absolut Sensing qui développe une constellation
de 24 satellites de détection du méthane :
«
C'est vrai que nous ne sommes pas encore armés en France, comme le sont des amis anglais ou américains à faire passer des startups à l'échelle industrielle. » La société
grenobloise a levé 12 millions d'euros fin 2022 auprès de l'entreprise montpelliéraine Vol-V. Ce premier tour de table doit permettre de financer le démonstrateur de la constellation.