L'aéroport Toulouse-Blagnac met fin à la programmation des vols commerciaux avec des passagers entre minuit et 6h du matin dès cet été et des mesures plus contraignantes pourraient être entérinées par l'Etat en 2025 pour réduire les nuisances aériennes. En parallèle, le quatrième aéroport régional français entend accentuer son virage vers l'international avec l'arrivée, en juin, de la compagnie Norwegian pour une nouvelle ligne directe vers Copenhague.C'est un début de réponse aux riverains de l'aéroport dénonçant les nuisances aériennes. L'aéroport Toulouse-Blagnac met fin à la programmation des vols commerciaux avec des passagers entre minuit et 6h du matin dès cet été et ne prévoit plus de décollage à partir de 23h.
«L'été dernier, nous avions encore 75 vols programmés en coeur de nuit, entre minuit et 6h, ce qui marquait déjà une baisse importante par rapport à 2019 où nous avions 231 vols. De la même manière, nous allons passer de 279 départs commerciaux passagers programmés après 23h à zéro au cours du prochain programme estival (qui s'étale entre le mois d'avril et la fin octobre, ndlr)», recense Philippe Crébassa, le président du directoire d'ATB.
Retards accumulés au fil de la journée
Pour autant, cela ne signifie pas que les vols de nuit vont disparaître. Déjà parce qu'en cas de retards accumulés au fil de la journée, les compagnies aériennes pourront toujours atterrir en coeur de nuit. C'est ce qui explique que « l'été 2023 a été marqué par un nombre record de vols passagers commerciaux sur la période nocturne », dénonçait récemment le collectif toulousain des riverains de l'aéroport. Sur la dernière période estivale, ATB a ainsi comptabilisé 882 vols entre minuit et 6h du matin, soit en moyenne quatre par nuit. Dans le viseur des riverains, les compagnies low-cost : « Ryanair et Easyjet, totalisent à elles deux 82% des décollages en cœur de nuit », d'après le CCNAAT.
Mais ces retards ne sont pas imputables uniquement aux compagnies.
«D'après Eurocontrol, le taux de ponctualité au départ des vols (moins de 15 minutes de retard) était de 65% en 2023, soit huit points de moins que ce qu'on faisait en 2019. Les causes météo ont été plus importantes que les années précédentes, mais surtout en raison des retards sur le contrôle aérien et du manque de disponibilité des avions. Cette ponctualité s'améliore cette année et nous sommes relativement confiants pour qu'au moins sur le premier trimestre, nous atteignions nos objectifs», précise Philippe Crébassa.
Les vols Chronopost maintenus
Pour aller plus loin, une étude d'impact est actuellement pilotée par la préfecture et présentera d'ici cet été des scénarios pour réduire les nuisances nocturnes. Des mesures de restriction des vols, et pourquoi pas des amendes aux compagnies en cas d'atterrissage en coeur de nuit, pourraient être prises sous la forme d'un arrêté appelé à entrer en vigueur à l'été 2025.
Pour l'instant, les vols de fret peuvent continuer à être programmés en pleine nuit.