C'est un secret méconnu du premier constructeur aéronautique mondial. Airbus dispose d'un réseau de chaleur interne de 15 kilomètres de long qui alimente en chauffage ses lignes d'assemblage d'avion, les activités de peinture avion et les bureaux d'étude. A partir de cet automne, 86% des besoins de chaleur des 21.000 salariés des sites toulousains de l'avionneur seront fournis par des copeaux de bois issus de forêts locales ou de chutes de palettes récupérés dans les usines de l'avionneur.
Dès 2013, Airbus s'est équipé d'une première chaufferie biomasse d'une puissance de 14 mégawatts. A partir de cet automne, le groupe va pouvoir exploiter une nouvelle chaufferie de 20 mégawatts opérée par Engie et installée sur le site Lagardère, à deux pas de la nouvelle ligne d'assemblage de l'A321 NEO, nouveau best-seller de l'avionneur.
« Une dizaine de semi-remorques viendront chaque jour déposer des copeaux de bois dénichés dans un rayon de moins de 120 km. Ils peuvent être issus d'arbres malades qui ont été abattus, de chantiers forestiers ou encore du broyat de palettes logistiques sur les sites d'Airbus », décrit Thibault Elias, responsable d'exploitation réseau de chaleur au sein d'Engie Solutions. Ces résidus de bois entrent en combustion dans la chaudière et l'eau chaude (la température peut monter jusqu'à 170°C) transite dans le réseau vers les sites industriels. Dans les immenses halls d'avions de 50 mètres de hauteur, pour éviter toute déperdition de chaleur, un procédé par rayonnement permet de chauffer uniquement les objets de la ligne de production.