Spatial : Airbus veut tester des petits satellites en fibres de bambou et de lin
Florine Galéron
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Airbus veut tester en orbite des cubesats dont les panneaux latéraux sont fabriqués avec de la fibre de bambou et de lin.
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Spatial : Airbus veut tester des petits satellites en fibres de bambou et de lin
Pour réduire l'empreinte carbone des satellites, Airbus et Thales Alenia Space testent l'introduction de matériaux biosourcés ou de l'aluminium recyclé. L'éco-conception pourrait devenir un passage obligé avec l'introduction de critères de durabilité dans la future loi spatiale européenne.
En mai dernier, le Japon envoyait en orbite le tout premier satellite au monde fabriqué avec du bois de magnolia. Baptisé Lignosat, ce tout petit satellite de 10 centimètres de côté devrait brûler totalement lors de son retour dans l'atmosphère, ce qui permettra d'éviter la formation de particules métalliques générées par les satellites traditionnels.
Lutter contre les débris spatiaux
En Europe, le secteur spatial s'intéresse aussi de près à l'intégration de matériaux plus vertueux dans les satellites. Airbus Defence & Space a l'ambition de tester en orbite des cubesats, des petits satellites de 20 centimètres de côté dont les panneaux latéraux sont fabriqués avec de la fibre de bambou et de lin.
« Ces matériaux biosourcés peuvent apporter des avantages compétitifs pour le secteur. Ces fibres végétales ont des températures de fusion basses, autour de 200 degrés, et peuvent se désintégrer totalement quand le satellite revient dans l'atmosphère, ce qui n'est pas le cas des satellites actuels. C'est un atout dans la lutte contre les débris spatiaux», relève Christian Puig, expert matériaux au sein du géant du spatial.
D'après les derniers chiffres publiés cet été par l'agence spatiale européenne, l'espace est encombré par plus de 40.000 débris de plus de 10 cm, un million de 1 à 10 cm et 130 millions d'une taille d'1 mm à 1 cm.
Pour son projet, Airbus s'est appuyé sur des panneaux en fibre de lin via deux sociétés suisses (Comppair et Bcomp) et l'entreprise haut-garonnaise Cobratex se charge des panneaux en fibre de bambou. « Les procédés de fabrication de la fibre de lin sont dérivés de l'industrie textile et s'appuient sur deux siècles d'histoire. Même s'il existe des constructions en bambou en Asie qui datent de plusieurs siècles, son usage industriel est beaucoup plus récent donc moins mature. Par contre, l'empreinte environnementale du bambou semble encore meilleure que pour le lin », relève Christian Puig.
Airbus va lancer une analyse de cycle de vie complète avec les fournisseurs pour évaluer l'impact précis de ces nouveaux matériaux. L'objectif est ensuite de faire voler ces cubesats à partir de 2026.
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